بسم الله الرحمن الرحيم
و الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على آله و أصحابه أجمعين

Un hadith est répandu sur la langue des gens et fait l’objet d’un certain fanatisme parmi les musulmans alors qu’il s’agit de la version la moins authentique d’une parole du prophète ﷺ. Ce hadith est le discours qu’il aurait prononcé lors du discours d’adieu enjoignant aux musulmans de s’accrocher au livre d’Allah et à sa sunnah.

« J’ai laissé parmi vous deux choses que si y restez attachés, vous ne vous égarerez jamais après moi : le livre d’Allah et ma sunnah. »

La vérité contenue dans ce texte ne fait pourtant pas obstacle à sa non-authenticité. En effet, toute parole de vérité n’est pas forcément un hadith. Et une parole de vérité peut voir son attribution au prophète rejetée par diverses raisons. En l’occurrence, l’attribution d’une telle parole au prophète ﷺ est sujette à caution vu les défauts qu’elle comporte.

Examen des riwayat du hadith

Aucune des riwayat de ce hadith n’est rattachée authentiquement au prophète ﷺ.

En effet, dans al Muwatta’, notre imam Malik ibn Anas a dit, selon Yahya ibn Yahya : « Il m’est parvenu que le prophète ﷺ a dit : « Je vous laisse deux choses que, si vous vous y tenez, vous ne serez jamais égarés : le livre d’Allah et la sunnah de son prophète. » » [1]

Le hadith, tel que présenté ainsi, n’a pas de riwayah authentique. Il a été qualifié de mursal, pour la part des savants qui considèrent qu’on peut utiliser une telle dénomination pour le hadith rapporté par autre qu’un tabi’iy. Mais même avec cette dénomination, le hadith mursal est considéré comme faible par les savants du hadith dans leur quasi-totalité.

Il serait en réalité plus pertinent de considérer ce hadith comme un mu’allaq et de voir que Malik a consigné ce hadith sans pourtant autant avoir une riwayah sur laquelle s’appuyer.

Dans al Tamhid, Ibn ‘Abdil Barr a dit : « Ce hadith est retenu, connu et reconnu parmi les gens de science d’une célébrité qui le dispense d’avoir une chaîne. » [2]

Or, la célébrité d’une parole n’indique en rien son authenticité. Ibn ‘Abdil Barr au contraire va dans le sens d’infirmer la riwayah de ce hadith dans le Muwatta de notre maître Malik.

Ce hadith a été rapporté de deux autres voies à notre connaissance, que l’imam al Hakim al Naysaburiy a mentionnés dans la Mustadrak.

Il dit : « Nous a informé Abu Bakr ibn Ishaq le faqih, a informé Muhammad ibn ‘Isa bn al Sakan al Wasitiy, a rapporté Dawud ibn ‘Amr al Dabiy, a rapporté Salih ibn Musa al Talhiy selon ‘Abdul ‘Aziz ibn Rafi’ selon Abu Salih selon Abu Hurayrah qui a dit : « Le prophète ﷺ a dit : « je laisse parmi vous deux choses avec lesquelles vous ne serez jamais égarés après moi : le livre d’Allah et la sunnah. Ils ne se sépareront jamais jusqu’à être renvoyés au bassin. » » [3]

La faiblesse de ce hadith se trouve au niveau de ses rapporteurs, notamment Salih Ibn Musa. Dans siyar a’lam al nubala, l’auteur a dit : « Ibn Ma’in a dit : « on n’écrit pas son hadith. » Al Bukhariy a dit : « son hadith est munkar. » Al Nasa’iy a dit : « son hadith est délaissé. » Ibn ‘Addiy a dit : « Pour moi, il est de ceux qui mentent sans le faire exprès. » [4]

En plus de la faiblesse d’un de ses rapporteurs, cette version du hadith est perturbée (mudtarib) dans son texte. En effet, selon une riwayah similaire, al Bazzar a rapporté ce hadith. Mais au lieu de « le livre d’Allah et ma sunnah », cette version mentionne : « le livre d’Allah et mon lignage. »

Dans bahr al Zakhar, l’auteur a dit : « Nous a rapporté Ahmed Ibn Mansur qui dit : nous a relaté Dawud ibn ‘Amr : nous a dit Salih ibn Musa ibn ‘Abdillah qui dit : nous a rapporté ‘Abdul ‘Aziz ibn Rafi’ selon Abu Salih selon Abu Hurayrah : « Le messager d’Allah ﷺ a dit : « j’ai laissé par devers moi parmi vous deux choses auprès desquelles vous ne serez jamais égarés : le livre d’Allah et mon lignage. Ils ne se sépareront jamais jusqu’à être renvoyés au Bassin. » » » [5]

Après avoir rapporté ce hadith, al Bazzar lui-même porte une appréciation négative sur Salih : « Nous n’avons pas connaissance que ce hadith soit rapporté de Abu Hurayrah si ce n’est par cette voie. Salih est négligent (layyin) dans sa relation. » [6]

La seconde voie de ce hadith est aussi mentionnée par al Hakim dans son Mustadrak. Il a dit, au chapitre portant sur le discours du prophète ﷺ au pèlerinage d’adieu : Nous a informé Isma’il ibn Muhammad Ibn al Fadl al Sha’raniy, m’a informé mon grand-père, nous a informé Ibn Abi Uways, m’a rapporté mon père selon Thawr bn Zayd al Diliy, selon ‘Ikrimah selon Ibn ‘Abbas : « Le messager d’Allah ﷺ prononça un discours lors de son pèlerinage d’adieu. Il dit : « Le shaytan a désespéré d’être adoré sur vos terres. Mais il se satisfait d’être obéi dans d’autres domaines, que vous méprisez parmi vos actes. Soyez avertis, O gens ! J’ai laissé parmi vous ce sur quoi, si vous vous appuyez, vous ne serez jamais égarés : le livre d’Allah et la sunnah de son prophète. Le musulman est le frère du musulman. Les musulmans sont frères. Il n’est licite pour un homme des biens de son frère que ce qu’il lui a donné de bonne volonté. Ne semez pas l’injustice, ne revenez après moi à la mécréance, certains frappant le cou d’autres. » » [7]

Ce hadith est rapporté dans les mêmes termes par al Bayqahiy. Son défaut principal est qu’il est rapporté par Ibn Abi Uways et son père, Abu Uways al Madaniy, qui étaient respectivement, le neveu et le cousin de notre maître Malik. Or, les deux sont des rapporteurs jugés faibles par la plupart des savants du hadith.

Sur Abu Uways, l’imam al Mizziy a dit dans tahdhib al kamal : « Ishaq ibn Hambal a dit que Ahmed ibn Hambal a dit : « il est sain » […] »

Abu Bakr ibn Abi Khaythamah a dit que Yahya ibn Ma’in a dit : « Il est sain mais sa relation n’est pas de qualité. » Mu’awiyah ibn Salih a rapporté de Yahya ibn Ma’in : « Il n’est pas solide. » Il a dit dans un autre endroit : « Abu Uways est faible au même titre que Falih (Ibn Sulayman). » Il dit dans un autre endroit : « Abu Uways est son fils sont faibles. » […] ‘Ali al Madiniy a dit : « Il est vu comme faible par nos compagnons. » […] Abu Dawud a dit : « Sa relation est saine. » al Nasa’iy a dit : « al Madaniy ne vaut rien. » […] Abu Zar’ah a dit : « Sain, véridique mais il est négligent (layyin). » Abu Hatim a dit : « Il écrivait son hadith et on ne peut le prendre comme source. Il n’est pas fort. » [8]

Dans al Majruhin, Ibn Hibban al Bustiy a dit : « Il faisait beaucoup d’erreurs. Mais ses erreurs n’étaient aussi grossières jusqu’à ce qu’on délaisse sa relation. Il n’était pas non plus du critère des gens dignes de confiance (thiqat) et ne peut être compté parmi eux. Mon avis est de rejeter ce qu’il rapporte et est contraire au rapport de gens dignes de confiance. Et de prendre ce qui est confirmé par les dignes de confiance. » [9]

Quant à son fils, le jugement des savants est plus mitigé et l’imam al Dhahabiy l’a résumé dans siyar a’lam an nubala : « Il était le savant des gens de al Madinah et leur muhaddith à son époque, sauf quand sa mémoire et son expertise ont baissé. N’eût été le fait que les deux shaykh aient cité son hadith, sa relation aurait rétrogradé du degré du sahih vers celui du hassan. C’est ce que je crois à son propos. » [10]

En effet, la plupart des savants du hadith l’ont déclaré comme étant faible.

Dans al kamil, Ibn’Addiy a dit : « Ibn Hammad a dit avoir entendu Nadr ibn Abi Salamah al Marwaziy dire:« Ibn Abi Uways est un menteur. Il rapporte de Malik des réponses qui sont de ‘Abdullah ibn Wahb ». Al Nasa’iy a dit : « Isma’il ibn Abi Uways est faible. » [11]

L’écueil est, comme l’a dit al Dhahabiy, que ses deux disciples, al Bukhariy et Muslim, l’ont cité dans leur Sahih et ont rapporté de lui. L’imam ibn Hajar répond à cela en disant : « Les deux Shaykh l’ont pris comme rapporteur sauf qu’ils ont très peu mentionné sa relation. Al Bukhariy n’a rapporté, parmi les hadiths qu’il est le seul à mentionner, que deux hadiths. Quant à Muslim, il a rapporté moins de lui que al Bukhariy. Les autres ont rapporté de lui sauf al Nasa’iy qui l’a déclaré faible dans l’absolu. Il a été rapporté de Salamah ibn Shabib ce qui suffit à rejeter sa relation. Ce qui est rapporté de Ibn Ma’in est divergent. Une fois, il a dit qu’il n’y avait rien de mal en lui. Une autre fois, il a dit qu’il était faible. Une autre fois, il a dit qu’il brigandait le hadith de même que son père. Abu Hatim a dit que sa place est celle d’un véridique mais qu’il était gâteux. Ibn Hambal a dit qu’il n’y avait pas de mal en lui et Ibn Hibban a dit : « je ne le cite pas dans mon Sahih. »

Je dis : nous rapportons dans manaqib al Bukhariy, par une voie authentique que Isma’il lui a sorti son livre al usul. Il lui a permis de choisir dedans pour qu’il lui enseigne ce qu’il pouvait rapporter de lui et ce qu’il devait délaisser. Ceci est le signe que ce que al Bukhariy a mentionné de lui est l’authentique de ses hadiths car il l’a écrit de son livre al usul. De là, on ne doit pas prendre de ses hadiths si ce n’est ce qui est dans le Sahih à cause de ce que an Nasa’iy et d’autres ont dit sur lui. Si quelqu’un que lui rapporte pareil, on le prendra en compte seulement. » [12]

De là, il est clair que les deux riwayat de ce hadith ont des défauts. Ces défauts ne résument pas les causes de faiblesse de cette parole. En effet, cette version contredit d’autres hadiths dont l’authenticité ne fait pas de doute.

Cette parole n’est pas le discours d’adieu

Contrairement à ce qui est répandu et ce qui a été rapporté par le hadith de Ibn ‘Abbas, le prophète ﷺ n’a pas prononcé cette parole sur le mont ‘Arafah, le 9 de Dhul Hijjah de la dixième année après la hijrah.

En effet, le discours qu’a prononcé le prophète ﷺ a été rapporté par les sources authentiques et aucune ne mentionne l’ajout « et la sunnah de son prophète ». Or, nous avons déjà vu la faiblesse des riwayat d’une telle parole. On ne peut donc pas considérer ces ajouts comme étant authentiques et pouvant se greffer aux relations que nous avons du sermon du d’adieu.

L’imam al Hakim, après avoir rapporté le hadith de Ibn ‘Abbas précédemment cité, a dit : « La mention du fait de se tenir à la sunnah dans ce discours est étrange, même si on peut l’utiliser. J’ai trouvé une version de Abu Hurayrah qui la renforce. » [13]

Or, nous avons montré que cette version est elle-même sujette à caution. Plutôt, il apparaît que cette mention est absente dans le discours d’adieu.

En effet, dans le Sahih de l’imam Muslim, dans le long hadith parlant du hajj du prophète ﷺ, rapporté par Jabir ibn ‘Abdillah : « … jusqu’à ce qu’il arrive à ‘Arafah et qu’il trouva qu’une tente avait été montée pour lui. Il mit pied à terre et s’y mit jusqu’à le soleil soit sur son déclin. Il demanda alors à faire venir [sa chamelle] al Qaswa’ et il l’enfourcha et se mit au milieu de la vallée et s’adressa aux gens : « …J’ai laissé parmi vous ce au-delà de quoi vous ne vous égarerez pas si vous vous y tenez : le livre d’Allah. Vous serez interrogés à mon propos, que répondrez-vous ? ». Ils dirent : « nous attestons que tu as transmis, donné le dépôt et porté conseil. » » [14]

La mention de la sunnah est absente dans ce hadith authentique rapporté par l’imam Muslim. Au contraire, il apparaît clairement que lors du discours d’adieu, seul l’injonction de tenir au coran, le livre d’Allah, a été rappelée par le prophète ﷺ. C’est ce qui est établi dans différentes versions de ce hadith, rapportées par les imams du hadith comme al Bayhaqiy ou Ibn Majah, ou encore al Nasa’iy ou al Tahawiy. Ce hadith passe par Ja’far, par son père Muhammad al Baqir qui le rapporte de Jabir ibn ‘Abdillah.

Le fait qu’uniquement le conseil de s’attacher au coran ait été dit lors du discours d’adieu indique la faiblesse intrinsèque du hadith de Ibn ‘Abbas, qui apparaît comme isolé (shadh). En effet, le hadith de Ibn ‘Abbas indique que ce discours s’est fait lors du pèlerinage d’adieu, ce qui contredit ce hadith authentique. Cette caractéristique se renforce par un autre hadith où, en plus du coran, le prophète ﷺ fait la recommandation de s’attacher à sa descendance, les ahlul bayt.

Le coran et les gens de ma maison

Le hadith qui est plutôt authentique et qui porte un rajout à l’attachement du coran, indique le fait de tenir aux ahlul bayt. Or, cette parole ne fait pas partie du discours d’adieu, prononcé à ‘Arafah. Plutôt, cette parole a été dite par le prophète ﷺ quelques jours après cela, sur la route de son retour vers al Madinah au puits dit Ghadir Khum.

En effet, dans le sahih de l’imam Muslim, l’auteur a rapporté selon Zayd ibn Arqam : « Le messager d’Allah ﷺ se leva parmi nous un jour, près d’un point d’eau appelé Khum, entre la Mecque et al Madinah et nous tint un discours. Il loua Allah et dit ses louanges. Il nous exhorta et nous fit un rappel. Il dit ensuite : « Ensuite, O gens, je suis un homme qui est sur le point de recevoir le messager de son Seigneur et qui devra répondre. Je laisse parmi vous deux charges. La première est le livre d’Allah. Il s’y trouve la guidance et la lumière. Tenez-vous au livre d’Allah et accrochez-vous-y ». Il nous exhorta sur le livre d’Allah et appuya dessus. Ensuite il dit : « Et les gens de ma maison. Je vous rappelle Allah par rapport aux gens de ma maison. Je vous rappelle Allah par rapport aux gens de ma maison. Je vous rappelle Allah par rapport aux gens de ma maison. » [15]

Ce hadith a été rapporté de Zayd ibn Arqam par diverses voies qui ont été mentionnées par l’imam al Darimiy dans ses Sunan ou l’imam Ahmed dans son Musnad ou encore al Bayhaqiy dans al Kubra.

En réalité, ce hadith a été rapporté par de nombreux sahaba, ce qui lui donne un haut degré d’authenticité qu’il n’est point possible de réfuter. En effet, dans son Musnad, l’imam Ahmed a rapporté de Zayd ibn Thabit : « Le messager d’Allah ﷺ a dit : « Je laisse parmi vous deux successeurs : le livre d’Allah qui est une corde tendue entre le ciel et la terre et mon lignage, les gens de ma maison. Ils ne se sépareront pas jusqu’à être renvoyés au Bassin. » [16]

Les hommes de cette chaîne sont dignes de confiance. Dans Majmu’ al zawa’id, al Haythamiy a dit : « Ahmed l’a rapporté et sa chaîne est bonne. » [17]

Dans les Sunan de al Tirmidhiy, l’auteur a rapporté selon al A’mash, de Abu sa’id al Khudriy ainsi que de Zayd Ibn Arqam : « Le messager d’Allah ﷺ a dit : « Je laisse parmi vous ce sur quoi, si vous y vous accrochez, vous ne vous égarerez pas après moi. L’un est plus grand que l’autre. Il s’agit du livre d’Allah qui est une corde tendue entre le ciel et la terre et de mon lignage, les gens de ma maison. Ils ne se sépareront pas jusqu’à être renvoyés au Bassin. Voyez donc comment vous me succèderez auprès d’eux. » » [18]

Al Tirmidhiy l’a rapporté et a dit : « c’est un hadith hassan gharib. »

En effet, ses hommes sont dignes de confiance sur la chaîne qui remonte à Zayd ibn Arqam. Mais La chaîne remontant à Abu Sa’id comporte ‘Atiyyah ibn Sa’d qui est faible. Sur la relation de Zayd Ibn Arqam, les deux voies se renforcent l’une l’autre et justifient la qualification de Hassan qu’a donnée l’imam al Tirmidhiy.

Il est rapporté aussi de ‘Ali Ibn Abi Talib, selon le rapport d’al Bazzar qui a dit : « Nous a rapporté Hussayn ibn ‘Ali ibn Ja’far qui dit : nous a rapporté ‘Ali ibn Thabit qui dit : Nous rapporté Sa’ad ibn Sulayman selon Abi Ishaq selon Harith selon ‘Aliy qui a dit : « Le messager d’Allah ﷺ a dit : « je suis sur le point d’être repris. Je laisse parmi vous deux charges, le livre d’Allah et les gens de ma maison. Vous ne vous égarerez au-delà d’eux deux. L’heure ne se lèvera pas sans que l’on ne cherche les compagnons du prophète ﷺ comme on recherche un objet perdu sans le trouver. » » » [19]

Le défaut cette chaîne se trouve dans Harith qui est faible. Ce hadith peut être utilisé cependant comme hadith-témoin (shahid) pour renforcer ceux qui sont plus authentiques que lui, comme celui de Zayd ibn arqam ou celui de Abu Sa’id al Khudriy. Al Tabaraniy rapporte aussi de Hudhayfah ibn Usayd le même évènement dans al kabir« […] Je vous interrogerai au sujet de deux charges quand vous serez renvoyés vers moi. Voyez donc comment vous allez me succéder auprès d’eux. La charge la plus grande est le livre d’Allah. C’est une corde dont un bout est auprès d’Allah et l’autre bout dans votre main. Accrochez-vous-y et ne vous égarez pas, ne déviez pas. Et mon lignage, les gens de ma maison. Le Doux et Informé m’a informé qu’ils ne seront jamais enlevés jusqu’à ce qu’ils en renvoyés au Bassin. » [20]

Dans cette version, se trouve Zayd ibn Hassan sur lequel les savants ont divergé. Beaucoup parmi les savants l’ont déclaré faible et rejeté son hadith. Mais Ibn Hibban l’a déclaré digne de confiance.

Ces hadiths-témoins, en plus des hadiths authentiques du Musnad et de de al Tirmidhiy, confortent la version « Le livre d’Allah et mon lignage, les gens de ma maison ». L’authenticité de ce hadith, systématiquement, indique que la version « le livre d’Allah et ma sunnah » est shadh, isolée car contredisant un hadith authentique, rapporté de plusieurs voies qui sont, pour au moins trois d’entre elles, totalement authentiques.

En conclusion, on peut dire que la version « le livre d’Allah et ma sunnah », malgré son caractère répandu sur les langues, ne peut être authentique du fait de ses défauts cumulés. La version authentique est celle rapportée par l’imam Muslim dans son Sahih, conforté en cela par les relations de l’imam Ahmed et de al Tirmidhiy indiquant que la recommandant du prophète ﷺ portait, pour le discours de Ghadir Khum, sur « le livre d’Allah et mon lignage, les gens de ma maison ».

وصلّى الله وسلّم على سيّدنا محمد وعلى آله


[1] Muwatta, livre général, chapitre portant sur le destin, page 529, éditions maktabah al salam al jadidah.
وحدثني عن مالك أنه بلغه أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال تركت فيكم أمرين لن تضلوا ما تمسكتم بهما كتاب الله وسنة نبيه
[2] Al Tamhid , volume 24, page 331, éditions Maktabah ibn Taymiyya
[3] Mustadrak ‘ala al sahihayn, volume 1, page 284, éditions Dar al ma’rifah
أخبرنا أبو بكر بن إسحاق الفقيه ، أنبأ محمد بن عيسى بن السكن الواسطي ، ثنا داود بن عمرو الضبي ، ثنا صالح بن موسى الطلحي ، عن عبد العزيز بن رفيع ، عن أبي صالح ، عن أبي هريرة رضي الله عنه ، قال : قال رسول الله صلى الله عليه وسلم : ” إني قد تركت فيكم شيئين لن تضلوا بعدهما : كتاب الله وسنتي ، ولن يتفرقا حتى يردا علي الحوض
[4] Siyar a’lam al nubala, volume 8, page 180, éditions Mu’asasah al risalah
[5] Al Bahr al zakhar, volume 15, page 385, éditions Maktabah al ‘ulum wal kitab
حَدَّثَنَا أَحْمَدُ بْنُ مَنْصُورٍ ، ثنا دَاوُدُ بْنُ عَمْرٍو ، ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى بْنِ عَبْدِ اللَّهِ ، قَالَ : حَدَّثَنِي عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ رُفَيْعٍ ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ، قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : ” إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمُ اثْنَيْنِ ، لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا ، كِتَابَ اللَّهِ ، وَنَسَبِي ، وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ
[6] Al Bahr al zajjar, volume 15, page 386, éditions Maktabah al ‘ulum wal kitab
[7] Mustadrak ‘ala al sahihayn, volume 1, page 284, éditions Mu’sasah a risalah
وأخبرني إسماعيل بن محمد بن الفضل الشعراني ، ثنا جدي ، ثنا ابن أبي أويس ، حدثني أبي ، عن ثور بن زيد الديلي ، عن عكرمة ، عن ابن عباس ، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم خطب الناس في حجة الوداع ، فقال : ” قد يئس الشيطان بأن يعبد بأرضكم ، ولكنه رضي أن يطاع فيما سوى ذلك مما تحاقرون من أعمالكم ، فاحذروا يا أيها الناس إني قد تركت فيكم ما إن اعتصمتم به فلن تضلوا أبدا كتاب الله وسنة نبيه صلى الله عليه وسلم ، إن كل مسلم أخ مسلم ، المسلمون إخوة ، ولا يحل لامرئ من مال أخيه إلا ما أعطاه عن طيب نفس ، ولا تظلموا ، ولا ترجعوا من بعدي كفارا يضرب بعضكم رقاب بعض ”
[8] Tadhhib al kamal, volume 15, page 177 à 180, Editions mu’asasah al risalah
[9] Al majruhin, volume 1, page 518, Editions dar al sami’iy
[10] Siyar a’lam al nubala, volume 10, page 391, éditions mu’asasah al risalah
[11] La kamil fi du’afa’ al rijal, volume 1, page 323, éditions dar al fikr
[12] Hady al sari, page 410, éditions du roi ‘abdul ‘Aziz ibn Sa’ud
[13] Mustadrak ‘ala al sahihayn, volume 1, page 284, éditions Mu’sasah a risalah
[14] Sahih Muslim, livre du hajj, chapitre du hajj du prophète, page 307, éditions Alfa
حتى أتى عرفة فوجد القبة قد ضربت له بنمرة فنزل بها حتى إذا زاغت الشمس أمر بالقصواء فرحلت له فأتى بطن الوادي فخطب الناس وقال إن دماءكم وأموالكم حرام عليكم كحرمة يومكم هذا في شهركم هذا في بلدكم هذا ألا كل شيء من أمر الجاهلية تحت قدمي موضوع ودماء الجاهلية موضوعة وإن أول دم أضع من دمائنا دم ابن ربيعة بن الحارث كان مسترضعا في بني سعد فقتلته هذيل وربا الجاهلية موضوع وأول ربا أضع ربانا ربا عباس بن عبد المطلب فإنه موضوع كله فاتقوا الله في النساء فإنكم أخذتموهن بأمان الله واستحللتم فروجهن بكلمة الله ولكم عليهن أن لا يوطئن فرشكم أحدا تكرهونه فإن فعلن ذلك فاضربوهن ضربا غير مبرح ولهن عليكم رزقهن وكسوتهن بالمعروف وقد تركت فيكم ما لن تضلوا بعده إن اعتصمتم به كتاب الله وأنتم تسألون عني فما أنتم قائلون قالوا نشهد أنك قد بلغت وأديت ونصحت فقال بإصبعه السبابة يرفعها إلى السماء وينكتها إلى الناس اللهم اشهد اللهم اشهد ثلاث مرات
[15] Sahih Muslim, livre des mérites des sahaba, chapitre des mérites de ‘Ali ibn Abi Talib, page 634, éditions Alfa
[16] Musnad Ahmed
عَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ ، قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : ” إِنِّي تَارِكٌ فِيكُمْ خَلِيفَتَيْنِ كِتَابُ اللَّهِ ، حَبْلٌ مَمْدُودٌ مَا بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ أَوْ مَا بَيْنَ السَّمَاءِ إِلَى الْأَرْضِ ، وَعِتْرَتِي أَهْلُ بَيْتِي ، وَإِنَّهُمَا لَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ
[17] Majmu’ al zawa’id, volume 9, page 163, éditions Dar al kutub al ‘ilmiyyah
[18] Sunan al Tirmidhiy, livre des mérites, chapitre des mérites de ahlul bayt
قال رسول الله صلى الله عليه وسلم إني تارك فيكم ما إن تمسكتم به لن تضلوا بعدي أحدهما أعظم من الآخر كتاب الله حبل ممدود من السماء إلى الأرض وعترتي أهل بيتي ولن يتفرقا حتى يردا علي الحوض فانظروا كيف تخلفوني فيهما
[19] Bahr al zakhar, Musnad de ‘Ali, volume 3, page 89, éditions maktabah al ‘ulum wal hikam
حدثنا الحسين بن علي بن جعفر قال : نا علي بن ثابت قال : نا سعاد بن سليمان ، عن أبي إسحاق ، عن الحارث ، عن علي قال : قال رسول الله – صلى الله عليه وسلم – : ” إني مقبوض وإني قد تركت فيكم الثقلين كتاب الله وأهل بيتي وإنكم لن تضلوا بعدهما وإنه لن تقوم الساعة حتى يبتغى أصحاب رسول الله – صلى الله عليه وسلم – كما تبتغى الضالة فلا توجد
[20] Mu’jam al kabir, volume 3, page 180
حدثنا محمد بن عبد الله الحضرمي وزكريا بن يحيى الساجي ، قالا : ثنا نصر بن عبد الرحمن الوشاء ، ح . وحدثنا أحمد بن القاسم بن مساور الجوهري ، ثنا سعيد بن سليمان الواسطي ، قالا : ثنا زيد بن الحسن الأنماطي ، ثنا معروف بن خربوذ ، عن أبي الطفيل ، عن حذيفة بن أسيد الغفاري ، قال : لما صدر رسول الله صلى الله عليه وسلم من حجة الوداع نهى أصحابه عن شجرات بالبطحاء متقاربات أن ينزلوا تحتهن ، ثم بعث إليهن فقم ما تحتهن من الشوك ، وعمد إليهن فصلى تحتهن ، ثم قام فقال : ” يا أيها الناس ، إني قد نبأني اللطيف الخبير أنه لم يعمر نبي إلا نصف عمر الذي يليه من قبله ، وإني لأظن أني يوشك أن أدعى فأجيب ، وإني مسئول ، وإنكم مسئولون ، فماذا أنتم قائلون ؟ ” قالوا : نشهد أنك قد بلغت وجاهدت ونصحت ، فجزاك الله خيرا .
فقال : ” أليس تشهدون أن لا إله إلا الله وأن محمدا عبده ورسوله ، وأن جنته حق وناره حق ، وأن الموت حق ، وأن البعث بعد الموت حق ، وأن الساعة آتية لا ريب فيها ، وأن الله يبعث من في القبور ؟ ” قالوا : بلى ، نشهد بذلك . قال : ” اللهم اشهد ” .
ثم قال : ” أيها الناس ، إن الله مولاي ، وأنا مولى المؤمنين ، وأنا أولى بهم من أنفسهم ، فمن كنت مولاه فهذا مولاه – يعني عليا – اللهم وال من والاه ، وعاد من عاداه ” .
ثم قال : ” يا أيها الناس ، إني فرطكم ، وإنكم واردون علي الحوض ، حوض أعرض ما بين بصرى وصنعاء ، فيه عدد النجوم قدحان من فضة ، وإني سائلكم حين تردون علي عن الثقلين ، فانظروا كيف تخلفوني فيهما ، الثقل الأكبر كتاب الله عز وجل ، سبب طرفه بيد الله ، وطرفه بأيديكم ، فاستمسكوا به لا تضلوا ولا تبدلوا ، وعترتي بيتي ، فإنه نبأني اللطيف الخبير أنهما لن ينقضيا حتى يردا علي الحوض “