بسم الله الرحمن الرحيم
الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين

Le respect des mois sacrés

Parmi les héritages de la Jahiliyyah, le fait pour les musulmans de révérer les mois sacrés d’Allah. Les arabes avaient rendu sacrés ces mois en s’interdisant de se combattre pendant leur durée et au contraire, s’entraîner au bien. L’Islam a maintenu et affiné cette règle coutumière pour en faire un moyen de se rapprocher d’Allah et de s’éloigner des affres ténébreuses du nafs.

Selon Abu Raja’ al ‘Ataridiy « Quand entrait le mois de Rajab lors de la jahiliyyah, nous disions « Est venu celui qui enlève [1] les lames ! Nous ne laissions aucune pointe ni sur une flèche ni sur une lance sans l’enlever et la jeter » [2]

Selon Qays ibn Abi Hazim, devant qui on parla de Rajab : « Dans la Jahiliyyah, nous l’appelions le sourd[3] du fait de sa grande sacralité ou la sacralité qu’il avait dans notre cœur » [4]

Al Bayhaqiy dit : On appelait le mois de Rajab le sourd parce qu’on n’y entendait pas le cliquetis des armes et un hadith faible a été rapporté dessus : le messager d’Allahﷺ a dit « Rajab est un mois d’Allah et il est appelé le sourd. Les gens de la jahiliyyah, quand il entrait suspendaient leurs armes et les posaient. Les gens étaient en sécurité ainsi que les routes. Ils ne se craignaient pas l’un l’autre jusqu’à la fin du mois »

Al Bayqahi continue : Il en était de même au début de l’Islam sauf pour celui qui était combattu. Ensuite, Allah autorisa de combattre les associations à n’importe quel moment de l’année. Cependant, la sacralité des mois sacrés est restée dans le sens où les bonnes ou mauvaises actions y sont multipliées. Allah a spécialement marqué ces moments en y interdisant l’injustice de manière répétitive. Et c’est pourquoi ash Shafi’iy porte l’avis d’augmenter le prix du sang pendant les mois sacrés en cas de meurtre par imprudence. En effet, si le péché y devient encore plus grave, la bonne action elle est plus récompensée. »

Allah a en effet spécialement marqué la sacralité de ces mois en les mentionnant dans le coran et en y interdisant toute injustice envers soi-même :

« Le nombre de mois auprès d’Allah est de douze mois dans le livre d’Allah, au jour où Il créa les cieux et la terre. Parmi eux, quatre sont sacrés. Voici donc la religion droite, ne vous portez pas préjudice pendant ces périodes » [5]

Le chaykh Makki ibn Talib dit : « Le préjudice n’est pas permis en général. Cependant, pendant ces mois, il est encore plus grave à cause de leur noblesse. C’est pour cela qu’Allah l’a mentionné en particulier. »

Al Qurtubi quant à lui : « Les mois sacrés qui ont été évoqués dans ce verset sont Dhul Qa’dah, Dhul Hijjah, Muharram et Rajab qui est entre Jumada al akhirah et Sha’ban. Le mois de Rajab ici mentionné est celui de Mudar. Il a été nommé ainsi pour se différencier des Bani Rabi’ah ibn Nizar qui considéraient le mois de Ramadan sacré et l’appelaient Rajab. Quant à Mudar, il appelait le véritable mois par son nom[6]

« Ne vous portez pas préjudice » en demeurant dans les péchés. Quand Allah grandit une chose par une facette, cette chose obtient une grande sacralité. Par contre, quand il grandit la chose par deux ou plusieurs facettes, la sacralité de la chose est encore multipliée. Ainsi, il multiplie pendant ces mois sacrés le châtiment pour une mauvaise action comme il multiplie la récompense d’une action pie. Certes, celui qui obéit à Allah dans un mois sacré et sur une terre sacrée, sa récompense n’est pas comparable à celui qui lui obéit dans un mois ordinaire en pays sacré. De même, celui qui lui obéit dans un mois ordinaire et dans un mois sacré n’est pas comparable à celui qui lui obéit dans un mois ordinaire et une terre ordinaire. »

و صلي الله و سلم علي سيدنا محمد و علي آله


[1] Le mot utilisé est منصل الأسنة et est un des noms du mois de Rajab
[2] Rapporté par al Bayhaqiy dans fada’il al awqat
[3] Le mot utilisé est الاصم
[4] Rapporté par al Bayhaqiy dans fada’il al awqat
[5]  إِنَّ عِدَّةَ ٱلشُّهُورِ عِندَ ٱللَّهِ ٱثْنَا عَشَرَ شَهْراً فِي كِتَابِ ٱللَّهِ يَوْمَ خَلَقَ ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلأَرْضَ مِنْهَآ أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ذٰلِكَ ٱلدِّينُ ٱلْقَيِّمُ فَلاَ تَظْلِمُواْ فِيهِنَّ أَنْفُسَكُمْ Sourate bara’ah, v36
[6] Rabi’ah ibn Nizar et Mudar sont les ancêtres des principales tribus arabes descendantes de ‘Adnan