بسم الله الرحمن الرحيم
الصلاة و السلام على أشرف المرسلين
و على اله و اصحابه أجمعين

Rattraper ses prières à la fin des règles

Question : dans quel cas la femme ne doit-elle pas prier quand elle n’a plus ses règles ?

Réponse : 

Qu’Allah vous récompense pour cette question que vous transmettez car cela permettra d’édifier beaucoup de sœurs qui se trompent sur ce sujet par manque d’information. Nous allons répondre à votre question après une brève explication sur les horaires de prière, qui sera utile pour comprendre la suite.

Il faut savoir que les horaires de prière sont divisées en deux. Il y a une heure qu’on appelle mukhtar et une autre qu’on appelle daruriy. Le temps mukhtar est celui où il est obligatoire de faire la prière et où on commet un péché si on la décale hors de ce temps. Le temps daruriy est celui qui est laissé à ceux qui avaient une excuse qui les empêchait de prier lors du premier temps . Ceux là seuls pourront y prier sans commettre de péché. La limite du temps daruriy des différentes prières est telle : le lever du soleil pour le subh ; son coucher pour le zuhr et le ‘asr ; l’aube pour le maghrib et le ‘isha’. Ceux qui ont une excuse valable sont limitativement : l’endormi, l’évanoui, la femmes qui a ses règles ou ses lochies, l’enivré d’un enivrement licite, le mécréant qui se convertit à l’Islam, le fou qui recouvre la raison et l’enfant qui devient pubère. Pour ceux là, si leur état s’achève dans le temps daruriy, la prière leur sera obligatoire sans qu’ils ne commettent un péché en l’y accomplissant.

Pour revenir à votre question donc, la règle est que la femme qui retrouve son état de pureté lors du temps daruriy devra accomplir la prière. Cependant, cette question comporte des détails.

Quand la femme recouvre sa pureté, elle devra se laver en premier. Une fois cela fait, elle observera ce qu’il reste du temps de la prière. S’il ne lui reste que le temps de faire une rak’ah, elle fera alors la prière présente, même si elle fera les autres rak’ât hors du temps. Si elle a le temps d’accomplir la prière présente complète sans plus, elle ne fera que celle-ci. Si par contre il lui reste le temps de faire la prière complète avant la fin du temps daruriy et qu’en plus de cela, d’y rajouter une rak’ah, elle devra effectuer toutes les prières dont le temps n’est pas écoulé.

Pour donner un exemple concret, si la femme voit les signes de la pureté dans le temps du ‘asr, elle se lavera et vérifiera après s’il lui reste le temps de faire cinq rak’ât au moins. Si c’est le cas, elle priera d’abord le zuhr puisque son temps daruriy s’étend jusqu’au coucher du soleil et n’est donc pas écoulé. Après cela, elle priera le ‘asr dont le temps daruriy finit aussi au coucher du soleil. On vérifiera la possibilité de faire cinq rak’ât du fait que la prière de zuhr en comporte quatre et que pour faire le ‘asr dans son temps, il suffira d’accomplir au moins une seule rak’ah avant l’écoulement du temps. Si par contre elle n’a que le temps d’effectuer moins de cinq rak’ât, elle ne priera que le ‘asr et n’aura pas à rattraper le zuhr.

La règle sera la même pour les prières de maghrib et ‘isha dont la limite du temps daruriy est l’aube, c’est-à-dire le moment de la prière du subh. Cette fois, la femme regardera si elle peut effectuer ne serait-ce que quatre rak’ât puisque la prière de maghrib en compte trois, en plus de celle de ‘isha qu’il faut accomplir avant la fin du temps. Par contre, si la femme n’a pas le temps, après s’être lavée, de prier ne serait-ce qu’une rak’ah, elle n’aura pas à la faire et encore moins à rattraper ces prières.

Ceci concerne le cas où la femme recouvre la pureté. Quant au cas où elle voit ses règles avant d’accomplir la prière présente, il mérrite aussi qu’on l’explique même s’il n’était pas l’objet de la question.

Si la femme voit ses règles au début ou au milieu du temps mukhtar ou daruriy de la prière, elle n’aura pas à la rattraper car son excuse est tombée sur le temps qui lui était imparti pour accomplir la prière. Même si effectivement elle commet un péché en retardant la prière jusqu’au temps daruriy, son excuse valable la dispense du rattrapage.

Si par contre elle voit ses règles à la fin du temps daruriy (et uniquement le temps daruriy), elle devra vérifier s’il lui restait le temps de faire ne serait-ce qu’une rak’ah de la prière présente. Si le temps ne se prêtait pas à la possibilité d’accomplir cette rak’ah, elle devra rattraper cette prière dès qu’elle recouvrera la pureté. En effet, il est clair de cela qu’elle a laissé le temps s’écouler en entier, jusqu’à n’avoir plus l’excuse de faire ne serait-ce qu’une raka’ah dans le temps.

Si elle n’avait pas accompli la prière partageant le temps avec la prière présente, elle devra, au moment de la survenue de l’écoulement, vérifier s’il lui reste le temps de faire ne serait-ce que la prière précédente en entier en plus d’une rak’ah de la présente. S’il lui reste moins de temps que cela, elle devra rattraper la prière précédente et non pas la présente.

Pour un cas concret, supposons qu’une femme néglige sa prière de zuhr jusqu’à la fin du ‘asr et que ses règles surviennent. S’il lui reste le temps de faire cinq rak’ât, à savoir la prière de zuhr en entier en plus d’une seule rak’âh de ‘asr, elle ne devra rien rattraper car son excuse est survenue dans un temps où elle aurait pu encore accomplir la prière. Si par contre elle n’a le temps que d’accomplir moins de cinq rak’ât, il lui sera obligatoire de rattraper le zuhr une fois qu’elle sera purifiée. En effet, elle ne peut faire valoir l’excuse des règles alors qu’elle ne pouvait accomplir le zuhr à son heure. Elle ne rattrapera pas le ‘asr dans ce cas car il lui reste encore la possibilité de faire une seule rak’ah de la prière présente et donc, de l’accomplir à son heure.

Pour les prières de maghrib et ‘isha’, le cas de figure sera similaire sauf qu’il faudra vérifier si le temps permet d’effectuer quatre rak’ât, selon l’avis de l’imam Malik lui-même et de Ibn al Qasim. Si donc la femme a le temps d’effectuer quatre rak’ât, elle n’aura pas à rattraper. Si elle n’a que le temps  d’effectuer moins que cela, elle ne rattrapera que le maghrib, selon l’avis mashhur.

Ibn Abi Zayd a dit : « Si la femme réglée devient purifiée, s’il lui reste dans le jour après sa purification sans retard, le temps de faire prier cinq rak’ât, elle priera le zuhr et le ‘asr. S’il lui reste de la nuit le temps de faire quatre rak’ât, elle priera le maghrib et le ‘isha’. S’il reste du jour ou de la nuit moins que cela, elle priera la prière présente. Si ses règles surviennent dans un espace similaire, elle ne rattrapera pas tant qu’elle a ses règles dans le temps. Si ses règles surviennent et qu’il reste le temps de faire quatre rak’ât le jour ou moins jusqu’à une seule ; ou bien qu’il lui reste le temps de faire trois rak’ât dans la nuit jusqu’à une seule, elle rattrapera la première prière seulement. Ils ont divergé si elle a ses règles dans le temps de quatre rak’ât dans la nuit et il a été été dit que cela était pareil. Il a été dit aussi : elle a eu ses règles dans leur temps et elle ne rattrape pas ». [1]

Allahu a’lâ wa ‘a’lam

وصلّى الله وسلّم على سيّدنا محمد وعلى آله

 

 


[1] Risalah ibn Abi Zayd al Qayrawaniy