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Résumé de la croyance musulman (IV/V) – Les prophètes et leurs attributs

Après avoir établi la première obligation du mukallaf, à savoir connaître les attributs d’Allah et leurs preuves, le chaykh aborde la seconde obligation qui est la connaissance de ses prophètes et de leurs attributs.

Il dit :

Est obligatoire aux nobles messagers la véridicité… la préservation et leur transmission est requise

Le chaykh aborde dans ce vers les caractères obligatoires aux messagers.

L’[obligatoire] au sens des messagers d’Allah diffère cependant de l’obligatoire concernant les attributs d’Allah. En effet, les attributs obligatoires d’Allah découlent de la raison uniquement, ou pour certains, de la raison et du texte. Ce sont donc des attributs essentiels et nécessaires rationnellement.

Mais l’obligatoire au sujet des messagers et prophètes découle plutôt de la révélation et de la législation. Il s’agit, dans leur cas, de ce que la législation n’accepte guère et cette acceptation relève d’une preuve légale et non premièrement de la raison.

Contrairement à la position des Mu’tazilah et des philosophes, l’envoi des prophètes et messagers relève non pas d’une obligation, mais d’une possibilité rationnelle. Leur envoi pour sortir l’humanité des ténèbres de la mécréance vers la lumière de la foi relève en réalité de la faveur d’Allah. En effet, ce n’est que par cet envoi que les hommes sont arrivés à sa connaissance. Cependant, croire en eux est une obligation relevant de la législation.

Le prophète est un humain descendant de sayyidina Adam ﷺ, de sexe masculin, de condition libre, à qui a été révélée une législation qu’il applique mais qu’il n’est pas ordonné de transmettre. Quant au messager, il inclut les mêmes caractères à l’exception qu’il transmet obligatoirement la législation qui lui a été révélée. De là, on tire la règle que tout messager est prophète mais que tout prophète n’est pas forcément messager.

Cette définition ainsi donnée exclut donc qu’un prophète puisse être autre qu’un humain, à savoir un descendant de sayyidina Adam ﷺ. En effet, le prophète ne peut être un jinn ou un ange.

De même, le caractère de masculinité exclut qu’une femme puisse être prophète. Cependant, cette assertion est sujette à divergence. Il a été rapporté de l’imam al Ash’ariy la possibilité pour une femme d’être prophète, à l’image de sayyida Maryam ou de sayyida Hawa ou la mère de sayyidina Musa [1].

La condition de liberté exclut les esclaves à l’image de sayyidina Luqman qui ne fut point un prophète mais un waliy.

Le nombre de prophètes est de cent vingt-quatre mille ou de deux cent vingt-quatre mille selon une autre version. Parmi eux, se trouvent trois cent treize messagers, ou trois cent quatorze ou encore trois cent quinze selon une autre version.

La prophétie n’est point un degré parmi les degrés qui s’acquièrent. En effet, l’on ne devient pas prophète par le fait de multiplier les adorations, d’éviter les péchés, d’assainir son cœur et autres bonnes actions. Il s’agit plutôt d’une distinction, d’une élection provenant d’Allah et ne relevant pas de l’effort ou de la capacité du serviteur. Les musulmans ont été unanimes sur cette question, à l’exception des philosophes qui ont mécru à la religion en indiquant que la prophétie pouvait s’acquérir.

Le premier des prophètes est sayyiduna Adam ﷺ, qui est en même temps le père des humains. Le dernier et le plus noble d’entre eux est notre maître le prophète Muhammad Ibn ‘Abdillah ﷺ. Allah a dit en effet : « Muhammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes. Mais il est le messager d’Allah et le sceau des prophètes » [2]

Le mot « sceau » indique ici la fin du cycle de la révélation et de la prophétie. De sorte, il est impossible qu’il y ait un autre prophète après lui.

Dans la sunnah : « Il y aura trente imposteurs dans ma communauté, chacun prétendant être prophète. Pourtant, je suis le sceau des prophètes. Il n’y aura point de prophète après moi ». [3]

Cependant, à la fin des temps, reviendra notre maître le prophète ‘Isaﷺ pour rétablir la loi d’Allah sur terre et défaire le faux messie, al dajjal. Il ne viendra pas comme messager, mais comme suivant la shari’ah de l’Islam, celle donnée à sayyidina Muhammad ﷺ. Sera-t-il prophète ou Wali alors ? Les savants ont divergé sur cette question.

Les prophètes sont les plus élevés de toute la création d’Allah. Parmi eux, le prophète Muhammadﷺ est le meilleur de toutes les créatures, jinns, anges compris. Cette précellence est établie par consensus des musulmans, y compris des mu’tazilah et nul ne l’a niée si ce n’est al Zamakhshariy. Son avis est donc isolé et contraire au consensus.

Suivent dans l’ordre, comme meilleurs de toute la créature, les autres prophètes et parmi eux les gens de la fermeté (ulul ‘azm). Ceux-là sont, en dehors du prophète Muhammadﷺ, sadatuna Nuhﷺ, Ibrahimﷺ, Musaﷺ et ‘Isaﷺ. Les suivent les autres messagers et ensuite le reste des prophètes non-messagers.

Viennent dans l’ordre de préférence parmi les créatures les grands parmi les anges comme Jibril, Mika’il, ‘Israfil et ‘Azra’il.

L’avis retenu par les savants de cette science, qui est l’avis des maturidis, est que les suivants de ceux-là sont les pieux parmi les humains. Viennent ensuite le commun des gens qui sont supérieurs au commun des anges. Par le commun des musulmans, il est entendu bien sûr les pieux parmi eux et non les pervers.

Le chaykh a indiqué dans ce vers qu’il parlait des [messagers] à l’exception des prophètes car une des caractéristiques énoncées ne s’applique à ces derniers, à savoir la transmission. Le premier attribut des prophètes messagers est [la véridicité].

L’attribut de véridicité est le fait que le messager ne fasse que rapporter de son Seigneur la vérité exclusivement. Cela veut dire que chaque information donnée par le messager correspond à ce qui est, sans doute ni erreur. En effet, il est inconcevable à leur endroit de dire autre que la vérité, même par oubli.

Leur second attribut est la [préservation], c’est-à-dire la préservation de tous leurs membres, apparents et cachés, de ce qui est interdit ou de ce qui est détestable. Ils sont de même à l’abri du désir de recourir à ces choses interdites ou détestables dans la législation.

Le messager peut accomplir un acte qui est déclaré détestable pour le commun des gens ou contraire à ce qui est préférable. Dans ce cas, son acte sera pris comme ayant une visée législative et sera à son endroit soit recommandé, soit obligatoire. L’exemple en est que le prophète ait bu ou uriné debout après avoir interdit ces actes. Dès lors, son acte en urinant ou buvant debout montre que cette interdiction n’a pas un caractère de prohibition mais de désapprobation.

La préservation des prophètes implique donc l’impossibilité de leur attribuer tout fait de turpitude. En d’autres termes, les messagers, ainsi que les prophètes, sont infaillibles et ne font pas de péché volontairement.

Cependant, cette infaillibilité mérite un développement. En effet, les musulmans se sont mis d’accord sans exception sur l’infaillibilité des prophètes et messagers concernant les grands péchés et cela, après le début de leur prophétie. Cette question ne fait pas divergence entre les musulmans, toutes tendances confondues.

Mais les savants ont divergé sur la possibilité des grands péchés avant leur prophétie et sur la possibilité et l’occurrence des petits péchés avant et après leur prophétie.

La possibilité des grands péchés avant la prophétie ne fait pas l’objet d’une divergence notable, la plupart des savants l’ayant rejetée. Quant à celle sur les petits péchés avant et après la prophétie, elle mérite d’être mise en lumière.

En effet, il convient de se référer aux savants de l’école ash’arie pour établir la position à adopter. Ce qui apparaît tout d’abord, c’est la réticence de certains imams pour trancher cette question. Dans al maqalat al Islamiyyah, parlant de l’imam al Ash’ariy, al Ustadh ibn Fawrak a dit : « Il disait que la préservation ainsi que l’erreur étaient tous deux possibles pour eux avant la prophétie. Par contre, après leur envoi comme prophète, je n’ai pas trouvé de texte de lui déclarant les petits péchés possibles à leur endroit » [4]

Dans al Irshad, l’imam al Juwayniy a dit : « Leur préservation est-elle obligatoire contre les péchés ? Je dis : « L’infaillibilité des prophètes concernant les turpitudes qui montrent le manque ou le peu de religion est obligatoire par consensus… Quant aux péchés comptés comme petits, que nous expliquerons supra, la raison ne récuse pas leur possibilité et je n’ai à ma disposition aucune preuve formelle pour la récuser. Non plus, je n’ai pas de preuve pour l’affirmer car les preuves formelles viennent des textes ou du consensus. Or, les savants ont divergé sur la possibilité des petits péchés pour les prophètes. Il n’existe pas de textes pour confirmer sa possibilité de façon certaine sans qu’il n’y ait une autre interprétation possible » [5]

Mais la possibilité des petits péchés ainsi que leur occurrence a été affirmée par les savants et est la position largement adoptée par les gens de la sunnah. Ces petits péchés sont donc possibles, selon cette position, même après la prophétie mais uniquement par inadvertance, sans jamais intenter de commettre un interdit.

L’imam ar Raziy a dit : « Ce que nous disons est que les prophètes sont préservés à l’avènement de leur prophétie des grands péchés ainsi que des petits péchés faits intentionnellement. Quant aux (petits péchés) faits par inadvertance, cela est possible » [6]

L’imam al Maziriy a dit : « Les prophètes sont préservés des grands péchés par consensus. Cependant, les gens ont divergé sur la possibilité des petits péchés » [7]

L’imam al Nawawiy a dit : « Ils ont divergé sur l’occurrence des petits péchés sur eux. La plupart des savants du fiqh, du hadith et du kalam parmi les salaf et les khalaf ont penché pour la possibilité des petits péchés à leur endroit » [8]

Cependant, nous disons : la position que nous adoptons est l’infaillibilité des prophètes avant et après leur prophétie et cette infaillibilité concerne aussi bien les grands que les petits péchés. Cette position est connue comme étant celle des maîtres soufis et certains parmi les grands savants l’ont adoptée. Le Chaykh Abu Ishaq al Isfarayiniy a dit : « Les savants ont divergé sur les petits péchés à leur endroit. La majorité a adopté la position que cela n’était pas possible. Une partie des savants a opté pour sa possibilité mais cette position n’a pas de fondement » [9]

Badr ad din al ‘Ayniy rapporte de même cette position : « Mon opinion est que les prophètes sont préservés des grands et petits péchés, avant et après leur prophétie. Quant à ce qui peut ressembler à un petit péché sur ce qui a été rapporté de certains d’entre eux, nous disons juste qu’ils ont délaissé ce qui était plus méritoire pour adopter ce qui est méritoire seulement »[10]

Nous disons de même que ce qui est compté comme péchés pour les prophètes dans les textes de la révélation doivent être compris relativement, par rapport à leur état de prophète et non comme une désobéissance à la législation divine. De sorte, le péché attribué à un prophète peut être le fait qu’il ait été insouciant à propos d’Allah ne serait-ce qu’un instant. Or, cette négligence, si elle est comptée comme péché pour le prophète du fait de sa proximité avec Allah, ne saurait être considérée comme une désobéissance à une injonction divine.

Cette préservation des prophètes implique le fait qu’ils ne se trompent pas et ne font jamais d’erreur sur les sujets relatifs à la législation et aux règles de la religion. La conséquence de cette règle est que, pour les savants du kalam et différemment de ceux des usul al fiqh, le prophète ne fait jamais d’ijtihad mais ne parle que conformément à la révélation.

Le troisième attribut des messagers est [la transmission] qui est, à leur endroit [requise]. Cette transmission est le fait de délivrer le message qu’Allah a destiné à leur peuple dans son entièreté.

La transmission ne concerne que ce qui a pour but d’être divulgué. En effet, le messager peut recevoir trois types de révélation. La première est celle qui lui est destinée personnellement et qu’il lui est interdit de transmettre. La seconde est ce qui est destiné à une partie de la communauté qu’il peut divulguer ou non selon les capacités des gens. La troisième est celle qui est destinée à l’ensemble des gens auxquels il a été envoyé. La troisième catégorie ici seule fait l’objet de l’obligation de transmission.

Après avoir évoqué les attributs obligatoires des prophètes, le chaykh établit les actes qui sont impossibles à leur endroit. Il dit :

Est impossible le mensonge et la désobéissance… de même que la non-transmission, O toi le sagace

Le premier attribut impossible aux messagers est le [mensonge] qui est l’opposé de l’attribut de véridicité. Il leur est inconcevable de rapporter une information qui ne serait pas dans la réalité.

Le second attribut impossible au sujet des messagers est la [désobéissance] qui est le contraire de l’attribut de préservation. Cela implique d’abord l’impossibilité pour eux de commettre un interdit de leur plein gré. Cela implique de même l’impossibilité pour eux de commettre une erreur dans leur mission.

Le troisième attribut impossible aux messagers est la [non-transmission] qui serait le fait d’omettre involontairement ou de négliger volontairement une information de la révélation qui était destinée à leur peuple. Cet attribut impossible est l’opposé de l’attribut de transmission.

Après l’exposé des attributs obligatoires et impossibles, l’auteur évoque les actes possibles au sujet des prophètes. Il dit :

Est possible à leur endroit tout accident… qui n’implique pas un défaut, à l’image de la maladie

Il est [possible] à l’endroit des messagers et des prophètes tout accident lié à leur nature humaine. Ces accidents sont donc toutes les activités humaines comme le fait de manger, de dormir, de se marier, d’être fatigué, de ressentir de la douleur…

Il est possible aussi à leur endroit d’oublier mais uniquement ce qui n’est pas lié au message qu’ils doivent transmettre. Quant à ce qui concerne le message à transmettre, il est possible qu’Allah leur fasse oublier une chose mais après sa transmission.

De même, la [maladie] est possible à leur endroit. Cependant, aucun de ces accidents ne doit impliquer [un défaut] à leur endroit. Il leur est possible certes d’être malades, mais le prophète ne peut être frappé d’une maladie qui nuit à son obligation de transmission comme la lèpre, la surdité, la mutité ou toute maladie qui ferait que les gens le fuient. De même est impossible à leur endroit la cécité. Sayyiduna Ya’qub ﷺ n’a pas été frappé de cécité mais, comme l’indique le verset, ses yeux se voilèrent du fait des larmes de la tristesse. Il est de même exclu à leur endroit la folie et même l’évanouissement prolongé. Au contraire, les prophètes sont dotés de l’intelligence et de la perspicacité comme caractère intrinsèque.

L’auteur expose ensuite les preuves rationnelles qui soutiennent les attributs obligatoires et réfutent les attributs impossibles.

Il dit :

S’ils n’avaient pas été véridiques, cela impliquerait… que la divinité se trompe en les confirmant

Car leurs miracles sont comme sa parole affirmant… « ce serviteur dit vrai sur toute information »

Si la transmission était niée ou qu’ils faillent, cela obligerait… que l’interdit soit changé pour leur obéir

Si les prophètes n’avaient pas été [véridiques] dans toute information qu’ils rapportent de leur Créateur ou si les informations qu’ils rapportent étaient en contradiction avec la réalité, cela impliquerait forcément d’attribuer à Allah le mensonge. En effet, Allah a envoyé des messagers pour délivrer un message qu’Il leur a assigné. Si ce message est mensonger, cela implique de même qu’on assigne ce mensonge à celui qui a initié ce message. De sorte, le mensonge est impossible à l’endroit des prophètes. Par implication, il est obligatoire de les qualifier de véridiques.

Il est de même impossible à l’endroit des messagers de donner une information trahissant le message originel qui leur a été donné, que ce soit volontairement ou non. Si en effet ils avaient modifié le contenu du message qui leur a été délivré, ils n’auraient pas eu la confirmation de leur véridicité par Allah. En les [confirmant], Il se tromperait et un mensonge Lui serait attribué. Or, ceci est impossible au sujet d’Allah. Pourtant, Il les a confirmés en leur permettant de faire des [miracles]. Le miracle ainsi fait sous la permission d’Allah revient pour Lui a dire que le messager [dit vrai sur toute information] qu’il délivre. Les miracles des prophètes sont donc la preuve de leur véridicité.

Le miracle est tout fait qui rompt avec l’ordre naturel et qui apparaît par la permission d’Allah pour appuyer la prédication d’un prophète par lequel celui-ci défie ses contradicteurs et les rend incapables de reproduire la même chose. Cette définition implique quelques éclaircissements.

Le miracle est un fait et ce fait peut être une parole, un acte ou une abstention. Une parole miraculeuse est par exemple un verset du coran. Un acte miraculeux est par exemple la fente de la lune. Une abstention miraculeuse est par exemple le fait que le feu n’ait pas brûlé sayyiduna Ibrahim ﷺ.

La rupture de l’ordre naturel est le fait que le miracle inverse la marche naturelle des choses, marche naturelle qui est celle à laquelle l’humanité est habituée. Par exemple, empêcher le soleil de se lever alors qu’il se lève d’habitude est un miracle ou le fait de le faire se lever du côté opposé d’où il apparaît d’habitude.

On parle de miracle (mu’jizah) quand cette rupture de l’ordre naturel provient de quelqu’un se réclamant de la prophétie. Mais la rupture de l’ordre naturel peut se présenter pour autre qu’un prophète. Si cela apparaît entre les mains d’un musulman pieux, il s’agit d’un prodige (karamah). Si cela apparaît entre les mains d’un mécréant ou d’un pervers parmi les musulmans, il s’agit d’un istidraj. L’istidraj est l’apparition d’un fait extraordinaire d’entre les mains d’un mécréant ou d’un pervers ou d’un musulman ayant une croyance déviante pour l’enfoncer dans son égarement et sa perdition.

Ce miracle devra être en concordance avec le défi qu’aura lancé le prophète dans le sens où le miracle devra se produire au moment, à l’endroit et selon la modalité qu’aura définis le prophète. De même, la personne ou la chose sur laquelle ce miracle se sera produit ne devra point démentir son auteur. A titre d’exemple, un prophète présente comme miracle qu’il fera parler un animal ou un mort, cet animal ou ce mort ne devront point, une fois dotés de la parole, lui refuser le statut d’envoyé d’Allah. A contrario, ce schéma se produit inévitablement pour toute personne sujette à l’istidraj ou usant de sorcellerie. En effet, le messie trompeur, al dajjal, tuera et fera ressusciter un mort. Mais cet homme ressuscité n’en déclarera pas moins qu’il était un menteur et en aucun cas un prophète envoyé.

Le miracle doit être précédé d’un défi de sorte que le prophète prenne comme preuve de son envoi par Allah un fait sortant de l’ordinaire qu’il produirait par la permission d’Allah. Le défi est donc qu’il fasse connaître à ses contradicteurs qu’il exécutera ce fait miraculeux selon les dispositions établies et que ses contradicteurs soient informés des modalités d’exécution de ce miracle.

Enfin, le miracle devra laisser les contradicteurs du prophète incapables de reproduire une chose semblable bien qu’ayant les moyens de faire la même chose. C’est ce que l’on appelle l’I’jaz, le fait qu’à une époque donnée, nul ne puisse exécuter le fait sortant de l’ordinaire fait par un prophète malgré la présence des moyens techniques pour le faire. A titre d’exemple, le peuple de Pharaon était versé dans la sorcellerie et avait développé cette science. Pourtant, sayyiduna Musaﷺ est venu avec son bâton pour annuler leur sorcellerie et nul n’a pu, dans tout ce peuple, produire un serpent pour vaincre le sien. De même Sayyiduna ‘Isaﷺ est apparu dans une période où les progrès de la médecine étaient relativement extraordinaires. Il a guéri les lépreux, rendu la vue aux aveugles, redonné la vie à des oiseaux et ressuscité les morts. Pourtant, malgré les grands progrès de l’époque, nul n’a pu reproduire les mêmes faits.

Quant à sayyiduna Muhammad ﷺ, il a accompli des miracles qui ont été rapportés par tawatur et qu’il n’appartient à personne de nier sous peine de mécroire à l’Islam. Parmi ces miracles absolument certains, la fente de la lune évoquée dans la sourate al Qamar. De même, l’histoire du tronc de palmier qui pleurait de tristesse du fait de son abandon a recueilli le tawatur. Son miracle le plus éclatant est cependant le coran qui constitue un i’jaz continu jusqu’à la fin des temps. En effet, Allah y invite tous les humains et le jinns à se liguer pour produire un miracle pareil en termes d’éloquence, de clarté et de contenu ésotérique. Il a dit : « Si les humains et les jinns se rassemblaient pour produire un coran pareil, ils ne pourraient faire pareil même s’ils s’entraidaient » [11]

En réalité, il a été dit que le coran ne constitue pas un seul miracle mais plus de six mille deux cents miracles car chaque verset en constitue un. Mais le plus solide est que l’i’jaz minimal est de trois versets en référence à Sa Parole : « Si vous êtes dans le doute sur ce que l’on a envoyé à notre serviteur, ramenez ne serait-ce qu’une sourate pareille et appelez vos témoins si vous êtes véridiques. Et si vous ne le faîtes pas, et certes, vous ne le ferez jamais, craignez un feu dont le combustible sera d’hommes et de pierres »[12]

Or, la sourate la plus courte du coran fait trois versets et il s’agit de la sourate al kawthar.

Tambih sur la wilaya : Le waliy (saint) est le connaissant d’Allah par ses Attributs et ses Noms, dans la mesure du possible, qui se conforme à son obéissance tout en évitant de se complaire dans les péchés.

Le mot waliy vient de l’arabe wala’ et peut avoir une double acception. Il peut signifier celui dont Allah se charge des affaires. Dans une autre acception, il peut signifier celui qui est protégé par Allah.

Le waliy acquiert une connaissance d’Allah qui établit sa proximité avec lui. Cette proximité est acquise par le biais de l’obéissance aux ordres d’Allah et à l’accomplissement des œuvres surérogatoires. Dans le hadith qudsiy : « Allâh a dit: « Celui qui montre de l’hostilité, quand bien même ce serait pour Moi, à l’un de Mes bien-aimés, Je lui déclarerai la guerre. Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par une chose que J’aime, comme il le fait avec ce que Je lui ai prescrit. Et Mon serviteur ne cessera de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime; et, lorsque Je l’aime, Je serais son ouïe avec laquelle il entend, sa vue avec laquelle il voit, sa main avec laquelle il saisit et son pied avec lequel il marche. S’il Me demande, je lui donnerai ce qu’il veut et s’il sollicite Mon secours, Je le lui accorderai. » [13]

Cette obéissance n’implique pas que le waliy ne fasse pas des péchés, mêmes les grands parmi eux, que ce soit volontairement ou non. De sorte, le waliy peut faire des péchés volontairement et ces péchés ne nient pas son statut. Cependant, le waliy peut être préservé par Allah de sorte qu’il ne tombe pas dans les péchés.

Cependant, même s’il commet des péchés, le waliy ne persiste pas dedans en s’y complaisant.

La croyance à l’existence des awliya ainsi qu’en leurs prodiges est un élément du dogme des gens de la sunnah.

En effet, l’existence des awliya et de leurs prodiges est attestée dans le coran. Parmi ces prodiges, le fait que sayyida Maryam soit devenue enceinte sans contact avec un homme. Il est de ses prodiges qu’elle recevait des fruits d’hiver en été et des fruits d’été en hiver dans le temple sans intervention de quiconque.

Parmi les prodiges rapportés dans le coran, se trouve l’action de Asif ibn Barkhayah, le cousin de sayyiduna Sulaymanﷺ. Il a ramené le trône de la reine de Saba’ en un clin d’œil d’une distance de milliers de kilomètres.

Les prodiges réalisés par les awliya sont comme la continuité du miracle du prophète qu’ils suivent. Cela veut dire que l’existence même des awliya est un miracle attribué au messager dont ils suivent la révélation, comme étant une confirmation de la véracité du message de ce prophète même après sa mort.

De même, les prodiges peuvent survenir du vivant du waliy comme après sa mort. Au contraire, les prodiges accomplis par le waliy sont plus éclatants et plus nombreux après sa mort car il est débarrassé de l’obstruction du corps. Ceci est la position unanime des savants qui ont accepté la possibilité des prodiges, à l’exclusion du Chaykh Abu Ishaq al Isfarayiniy.

L’auteur aborde ensuite la preuve rationnelle des deux autres attributs, à savoir la préservation et la transmission.

La preuve de l’obligation de leur préservation de toute désobéissance volontaire est le fait que, s’ils désobéissaient, l’interdiction imposée par Allah à ses serviteurs, celle de ne point lui désobéir, aurait été annulée. En effet, ces messagers ont été envoyés pour montrer aux hommes la manière de Lui obéir. Si eux-mêmes [faillaient], cela impliquerait que la désobéissance deviendrait obéissance par imitation de leurs actions. De sorte, les serviteurs seraient ordonnés de désobéir. Cela impliquerait de même que ce qui a été interdit par Allah ne le soit plus car les messagers eux-mêmes agiraient de la sorte.

La preuve de textuelle de cette obligation se trouve au verset : « Voici ceux qu’Allah a guidés, suis donc leur voie ! ».[14] Et même : « Nous n’avons envoyé de messager si ce n’est pour qu’il soit obéi ».[15]

Tambih : Réfutation de quelques ambigüités sur l’infaillibilité des prophètes portant sur des péchés qui pourraient leur être attribués.

Certains textes du coran ou de la sunnah, pris en leur sens littéral, semblent attribuer des péchés aux prophètes. Or, cela mérite un éclaircissement. Quelques cas peuvent être étudiés sachant que le même traitement devra être appliqué pour tout texte attribuant un défaut à un prophète.

Concernant sayyiduna Adamﷺ, le coran semble lui attribuer un péché, notamment dans la sourate Ta Ha, Allah dit : « Adam désobéit à son Seigneur et se détourna » [16]

La désobéissance ici est en l’occurrence le fait d’avoir mangé de l’arbre alors que cela lui avait été interdit. De même, le fait qu’il se soit repenti après cela indique qu’il aurait commis un péché.

La réponse à cela est d’abord que cet évènement s’est passé avant la prophétie. Si on accepte que les prophètes puissent commettre des péchés dans cette période, ce péché devra être considéré comme un petit accompli dans un instant d’inadvertance. Rien n’indique que ce péché puisse être considéré comme un grand. En effet, sayyiduna Adamﷺ a été trompé par le shaytan qui lui a juré dire la vérité et ce serment l’a induit en erreur.

Si on considère par contre que les prophètes ne font point de péché, petits ou grands, l’ordre de ne pas manger de l’arbre devra être pris comme une recommandation et non une interdiction ferme. Comment donc, en effet, l’interdiction pourrait-elle exister dans le paradis où ne se trouve que ce qui plaît à l’égo ? De même, le péché ne peut exister qu’en présence d’une shari’ah. Il est clair cependant que dans le paradis, sayyyiduna Adam ﷺ n’était pas prophète et que toute législation était inexistante. Le péché ne peut donc exister comme aucune interdiction n’a été proclamée.

Quant au meurtre commis par sayyiduna Musa ﷺ, il ne peut s’agir d’un péché car il a été commis dans par accident d’abord, ensuite dans le but de protéger un innocent d’un tyran. Cela invalide donc la thèse d’un quelconque péché. Mais dans ce cas, pourquoi sayyiduna Musa ﷺ s’est-il repenti en disant : « Il s’agit de l’action de shaytan » [17] et : « Seigneur, je me suis fait tort à moi-même, pardonne-moi » [18] ?

D’un côté, la référence au shaytan n’indique point l’influence que ce dernier pourrait avoir sur quelqu’un mais plutôt, toute action qui serait mauvaise. En atteste l’utilisation dans le verset « Pareils à des têtes de shaytan ». Quant à la demande de pardon, elle est de la même nature que celle des prophètes car leurs actions, même licites, entraînent leur demande de pardon vu leur proximité avec Allah.

Une autre objection à lever est celle de sayyiduna Yunus ﷺ qui s’éloigna de son peuple au lieu de patienter avec eux. La réponse est qu’il avait transmis l’ensemble de son message et que son apostolat auprès de son peuple était terminé. La patience est une vertu recommandée et le fait que sayyiduna Yunus ﷺ n’ait point patienté ne constitue pas un péché. Son invocation « Gloire à toi, j’ai été parmi les injustes » entre dans la même catégorie que l’invocation de sayyiduna Adam ﷺ.

Il en est ainsi de toutes les interrogations pouvant survenir sur l’infaillibilité des prophètes. Ces mauvaises interprétations pouvant surgir proviennent de l’absence d’approfondissement des expressions arabes ou encore de la prise en compte de récits faux et fabriqués.

La preuve de la transmission obligatoire des messagers est identique que celle de leur préservation. En effet, si les messagers ne transmettaient pas ce qui leur été ordonné, cela impliquerait qu’ils cachent volontairement une partie du message. De même, s’ils oubliaient, ils ne pourraient délivrer le message en entier. Tout cela impliquerait qu’ils occultent le message et, comme nous avons prouvé leur véridicité, qu’Allah leur ordonne de cacher ce message. Or, une telle implication est inconcevable alors qu’Il a dit : « O messager, transmets ce qui t’a été révélé. Si tu ne le fais pas, tu n’auras pas transmis ton message » [19]

Il dit ensuite :

La possibilité des accidents sur eux, sa preuve… est leur occurrence avec l’endurance comme sagesse

Après avoir exposé les preuves rationnelles des attributs obligatoires et impossibles, l’auteur aborde celles des attributs possibles. La preuve de [la possibilité] pour les prophètes de subir des [accidents] liés à leur condition humaine, comme le fait de manger, de boire, de se fatiguer, de se mettre en colère, réside tout simplement dans leur [occurrence]. En effet, ces faits ont été rapportés des prophètes et ont été constatés par leurs contemporains. Ceux-là ont rapporté le fait que les prophètes ont été démentis, qu’ils ont été frappés, assassinés et ont souffert. De sorte, la preuve est établie qu’ils subissaient ces accidents.

Cependant, ces accidents ne concernent que leur corps car leur cœur est en permanence connecté avec Allah et rempli des lumières de la connaissance. Dans ce sens, le poète a dit :

Ne conteste guère la révélation dans son rêve… Il a un cœur qui, quand ses yeux se ferment, ne dort point

Ces accidents qui leur arrivent ne sont pas pareils à ceux qui frappent les autres humains. En effet, ces accidents pour eux comportent une [sagesse] profonde. Ils sont l’occasion d’éprouver leur [endurance] face aux tribulations de ce bas-monde, de les renforcer dans leur proximité avec Allah et de servir d’exemple aux humains qui les suivent. En effet, dans le hadith : « Les prophètes sont les plus durement éprouvés parmi les hommes. Ensuite ceux qui les suivent et ensuite ceux qui les suivent » [20]

Ces accidents sont donc pour eux un moyen de supporter les épreuves du bas-monde de sorte qu’ils ne puissent y trouver de repos si ce n’est dans la relation avec Allah. La sagesse que l’on peut tirer de ces accidents sur les prophètes est l’évanescence de cas bas-monde. Si effectivement les plus rapprochés d’Allah n’y vivent que tribulations, la preuve est apportée de son peu de valeur et de l’inanité d’y porter une grande espérance. Au contraire, si les plus rapprochés y ont subi des épreuves, cela indique à l’intelligent qu’elles sont un moyen de se détacher d’un bas-monde périssable pour prendre le viatique vers une vie dernière éternelle.

Ces accidents arrivant aux prophètes ont aussi une autre sagesse, celle d’enseigner aux hommes la manière de se comporter dans les actes licites de la vie, comme la manière de manger, de boire ou encore de s’habiller. S’il est vrai que les prophètes, même dans leurs actes anodins, n’agissent jamais sans indication d’Allah, il est donc établi que chaque mouvement qu’ils font renferme des secrets incommensurables dans la relation avec Allah, même si ces secrets nous échappent.

Après avoir exposé les attributs obligatoires, impossibles et possibles pour les prophètes ainsi que leurs preuves, le chaykh résume ces éléments à une seule parole. Il dit :

Et la parole, point de dieu qu’Allah… Muhammad a été envoyé par le Divin

Regroupe toutes ces connaissances… étant ainsi le signe clair de la foi

Elle est la meilleure formule de rappel…Absorbe-y toi toute vie et tu auras le meilleur viatique

Tous éléments évoqués concernant les attributs d’Allah et des prophètes sont condensés dans la parole :

Point de dieu qu’Allah, Muhammad est le messager d’Allah

لا اله الاّ الله محمد رسول الله

Autrement dit, la signification de cette phrase est l’exposé entier qui a été fait concernant les choses possibles, impossibles et obligatoires au sujet d’Allah et des prophètes. Cette parole, malgré sa longueur réduite, est la meilleure chose qui puisse est dite par la créature. Cela informe donc de la noblesse et de la haute valeur de cette parole.

La parole [point de dieu qu’Allah] a comme sens littéral qu’il n’y a point d’autre être qui n’a besoin de rien et dont toute chose a besoin si ce n’est Allah. Cette définition inclut donc les attributs d’Allah comme l’Etre, la Primordialité, l’Eternité, la Persistance, la Non-ressemblance aux accidents ainsi que le fait qu’Il ne soit point soumis à l’endroit, au temps, aux changements. S’Il avait besoin d’une quelconque de ses créatures, Il ne serait plus attribué de la Subsistance par Lui-même.

De cette même définition, on tire le fait qu’Il ne puisse être soumis à aucun défaut ou faiblesse. Cette impossibilité de défaut ou faiblesse oblige de Lui attribuer la Vision, l’Audition, la Parole, la Vie, la Science. En effet, s’Il n’avait point ces attributs, il serait obligatoire de lui attribuer leur contraire, c’est-à-dire des défauts.

On en tire aussi le fait qu’il puisse faire toute chose possible et qu’Il ne soit point obligé de la faire ou de la délaisser. Si une telle obligation Lui était imposée, Il serait soumis à quelque chose. Or, Il est Subsistant par Lui-même !

De même, on en tire que nulle chose dans cette existence n’a d’influence que par sa Volonté. Le feu ne brûle que par son Ordre et non par sa nature même de feu. Si les choses avaient une influence par elles-mêmes, cela impliquerait qu’Il ait besoin d’un intermédiaire pour les actionner et que ces créatures n’aient pas besoin de Lui. Or, comment cela serait-il possible alors qu’Il est Subsistant par Lui-même, sans avoir besoin de quiconque alors que tout a besoin de Lui ?

Cette possibilité de faire exister les choses possibles implique de même de lui attribuer la Science, la Volonté ainsi que la Puissance. S’Il n’avait aucun de ces attributs, Il ne pourrait certes pas existencier ce qui n’existait pas auparavant.

Cette parole indique de même son unicité. S’Il n’était pas un dieu unique, Il aurait besoin, dans n’importe quel cas de figure, d’un autre dieu pour ne pas être réduit à l’impuissance. Comment donc, alors qu’on a prouvé qu’Il était subsistant par Lui-même ?

On comprend de cela que l’existence toute entière est un accident et ne provient que de sa Volonté et de sa Puissance.

Quant à la parole [Muhammad a été envoyé par le Divin], cela englobe la croyance à l’ensemble des prophètes, des anges, des livres révélés, au jour du jugement et tout ce qu’il comporte comme affres. En effet, c’est par la mission de sayyiduna Muhammad ﷺ que l’on a eu la confirmation de ces éléments.

De cette parole, on prend l’obligation de la véridicité des messagers et le fait qu’il leur soit impossible de mentir. En effet, s’ils avaient été menteurs, ils n’auraient pas été des messagers de confiance d’Allah qui connaît le caché et l’apparent.

De même, on prend de cette parole le fait qu’ils ne puissent désobéir à Allah car ils ont été envoyés pour enseigner aux hommes comment adorer leur Seigneur par leurs actions, leurs paroles et leurs silences. Comment donc pourraient-ils Lui désobéir alors qu’Il les a choisis comme meilleurs de sa créature et modèles à suivre ?

Il est obligatoire, du fait de cette parole, de croire à tout ce qui a été rapporté par sayyiduna Muhammad ﷺ comme informations, aussi bien en général qu’en détail. Il est obligatoire de croire en tout ce qui a été rapporté de lui parmi les événements de la fin des temps et du jugement comme l’extraction des tombes, le rassemblement, la balance, le paradis, l’enfer…Cela implique la croyance que la révélation qu’il a amenée est la meilleure des législations et le chemin agréé par Allah.

De là, on prend de même le fait qu’il soit le dernier des prophètes. La fin de la prophétie implique de même la fin de la révélation. Quant à celui qui nie ce qui a été transmis de lui par tawatur ou comme étant une connaissance obligatoire de la religion, il aura mécru aussi bien à la parole [Muhammad a été envoyé par le Divin] qu’à la parole [point de dieu qu’Allah]. En effet, celui qui mécroit au prophète ﷺ et à son message aura forcément mécru en Allah.

Cette parole donc est [ le signe clair] de ce qui est dans la poitrine, à savoir [la foi]. Il s’agit d’une parole inclusive de toutes les croyances malgré sa longueur réduite. Elle est facile à mémoriser et de même à prononcer par la langue. Plutôt, elle n’est prononcée par la langue que par celui à qui Allah a voulu du bien. Par cette parole en effet, l’homme est sauvé du châtiment éternel de l’enfer car toute personne qui la prononce en toute croyance ou qui y croit sans la prononcer entrera forcément au paradis. En effet, le prophète ﷺ a dit : « Quiconque meurt en sachant qu’il n’y a de dieu qu’Allah entrera au paradis » [21]

De sorte, nul n’est considéré musulman sans l’avoir prononcée, s’il en a la capacité. Prononcer cette parole est donc obligatoire pour toute personne qui sort de la mécréance pour entrer dans l’Islam comme étant une condition de validité. Est-ce que celui qui ne le prononce pas tout en étant capable est sauvé s’il a la croyance ferme dans son cœur ? Une divergence existe et l’avis solide semble être celui de la validité de cette croyance.

Quant à celui qui a été élevé comme musulman, la prononcer est obligatoire une fois au moins dans la vie, en ayant l’intention d’accomplir cette obligation.

Il lui sera recommandé de multiplier son rappel car cette parole est [la meilleure formule] que puisse prononcer une créature pour le [rappel] d’Allah. En effet, le prophète a dit : « La meilleure chose que j’aie dite, moi et les prophètes avant moi, est « point de dieu qu’Allah, unique et sans associé » [22]

Il a dit aussi : « La meilleure formule de rappel est « point de dieu qu’Allah » [23]

De sorte, [absorbe] toi dans sa répétition pour les bienfaits immenses qu’elle comporte. Tu auras ainsi un [viatique] sûr pour qu’elle soit la dernière parole prononcée au moment de la mort. Or, le prophète a dit : « Celui dont la dernière parole est « point de dieu qu’Allah » entre au paradis » [24]


[1] Il est dit dans Tuhfah al murid que son nom est Yuhanidh.
[2] Sourate al ahzab, v 40
مَّا كَانَ مُحَمَّدٌ أَبَا أَحَدٍ مِّن رِّجَالِكُمْ وَلَكِن رَّسُولَ اللَّهِ وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ
[3] Rapporté par al Tirmidhiy, Ibn Abi Shaybah, Ibn Majah et d’autres
وإنه سيكون في أمتي ثلاثون كذابون كلهم يزعم أنه نبي وأنا خاتم النبيين لا نبي بعدي
[4] Al Maqalat al Islamiyyah
[5] Kitab al irshad ila qawati’ al adilah fi usul al i’tiqad
[6] ‘Ismatul ambiya’
[7] Al Mu’lim bi sharh Muslim
[8] Al minhaj fi sharh Muslim
[9] Jami’ ahkam al qur’an
[10] ‘Umdah al qariy’
[11] Sourate banu Isra’il, v 88
قُل لَّئِنِ اجْتَمَعَتِ الإِنسُ وَالْجِنُّ عَلَى أَن يَأْتُواْ بِمِثْلِ هَـذَا الْقُرْآنِ لاَ يَأْتُونَ بِمِثْلِهِ وَلَوْ كَانَ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ ظَهِيراً
[12] Sourate al baqara, v 23-24
وَإِن كُنتُمْ فِي رَيْبٍ مِّمَّا نَزَّلْنَا عَلَى عَبْدِنَا فَأْتُواْ بِسُورَةٍ مِّن مِّثْلِهِ وَادْعُواْ شُهَدَاءكُم مِّن دُونِ اللّهِ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ
فَإِن لَّمْ تَفْعَلُواْ وَلَن تَفْعَلُواْ فَاتَّقُواْ النَّارَ الَّتِي وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ أُعِدَّتْ لِلْكَافِرِينَ
[13] Rapporté par al Bukhariy
عن أبي هريرة رضي الله عنه قال : قال رسول الله – صلى الله عليه وسلم – : إن الله قال ( من عادى لي وليا فقد آذنته بالحرب ، وما تقرب إلي عبدي بشيء أحب إلي مما افترضت عليه ، وما يزال عبدي يتقرب إلي بالنوافل حتى أحبه ، فإذا أحببته كنت سمعه الذي يسمع به ، وبصره الذي يبصر به ، ويده التي يبطش بها ، ورجله التي يمشي بها ، وإن سألني لأعطينه ، ولئن استعاذني لأعيذنه
[14] Sourate al An’am, v 90
أُوْلَـئِكَ الَّذِينَ هَدَى اللّهُ فَبِهُدَاهُمُ اقْتَدِهْ
[15] Sourate an Nisa, v 64
وَمَا أَرْسَلْنَا مِن رَّسُولٍ إِلاَّ لِيُطَاعَ بِإِذْنِ اللّهِ
[16] Sourate Ta Ha, v 121
وَعَصَى آدَمُ رَبَّهُ فَغَوَى
[17] Sourate al qasas, v 15
هَذَا مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ
[18] Sourate al Qasas, v 16
قَالَ رَبِّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي فَاغْفِرْ لِي
[19] Sourate al Ma’idah, v 67
يَا أَيُّهَا الرَّسُولُ بَلِّغْ مَا أُنزِلَ إِلَيْكَ مِن رَّبِّكَ وَإِن لَّمْ تَفْعَلْ فَمَا بَلَّغْتَ رِسَالَتَهُ
[20] Rapporté par Ahmed dans son Musnad sous cette formulation :
عن أبي عبيدة بن حذيفة عن عمته فاطمة أنها قالت أتينا رسول الله صلى الله عليه وسلم نعوده في نساء فإذا سقاء معلق نحوه يقطر ماؤه عليه من شدة ما يجد من حر الحمى قلنا يا رسول الله لو دعوت الله فشفاك فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم إن من أشد الناس بلاء الأنبياء ثم الذين يلونهم ثم الذين يلونهم ثم الذين يلونهم
[21] Rapporté par Muslim
عن عثمان قال قال رسول الله صلى الله عليه وسلم من مات وهو يعلم أنه لا إله إلا الله دخل الجنة
[22] Rapporté par l’imam Malik dans al Muwatta et al Tirmidhiy :
وَخَيْرُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِنْ قَبْلِي : لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ
[23] Rapporté par al Tirmidhiy
أَفْضَلُ الذِّكْرِ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ
[24] Rapporté par Muslim
عن معاذ بن جبل ، قال : قال رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم : ” من كان آخر كلامه لا إله إلا الله دخل الجنة