'Aqidah
2 juin 2016

Résumé de la croyance islamique (1/5) : introduction

La croyance est le fondement de la religion car sans croyance saine, toute action faite par le musulman est sujet à caution. En effet, la validité des actions de l’homme est conditionnée à une croyance ferme en Allah et ses messagers, mais aussi à une croyance conforme à la révélation. De sorte, connaître les bases de la croyance est une obligation pour chaque musulman.

Al Akhdariy a dit :« La première chose qui est obligatoire au mukallaf [1] est l’assainissement de sa foi »[2], c’est-à-dire, par la science des attributs d’Allah, de ce qui peut lui être attribué ou non ainsi qu’à ses messagers.

Cette connaissance se fait par le biais de la science du Tawhid qu’ont établie les imams pieux Abul Hassan al Ash’ari et Abul Mansur al Maturidiy ainsi que ceux qui les ont suivis. Parmi ceux qui ont écrit de courts traités exposant cette science, se trouve le chaykh ‘Abdul Wahid ibn ‘Ashir al Ansariy. Nous allons procéder à une présentation de la croyance islamique par le biais de son célèbre « al murshid al mu’in ‘ala daruriy min ‘ulum ad din ». Nous allons effectivement expliquer la partie traitant de la croyance. Le chaykh a dit :

Introduction au livre de la croyance qui aidera le lecteur à atteindre son but

L’auteur expose dans ces vers le jugement rationnel ainsi que ses catégories, ce qui est obligatoire pour le mukallaf ainsi que les conditions du taklif.

Notre jugement rationnel est établi sans…appui sur l’empirisme ou le texte

Le jugement est la perception de la chose, soit en en acceptant l’existence, soit en la niant. Par exemple, dire que la partie d’une chose est obligatoirement moindre que la chose elle-même est un jugement dont l’acceptation est communément admise. Le jugement se divise donc en trois catégories : le jugement rationnel, textuel et empirique et c’est le sens de la parole du chaykh. La raison n’a donc pas besoin d’un texte ou d’une expérience vécue pour accepter une chose qui lui est conforme. Chacun de ces jugements fluctue entre ce qui est accepté ou non. Le jugement rationnel a comme critère ce que la raison accepte comme l’affirmation que la partie est toujours moindre que le tout et la négation que le nombre trois soit pair. Le jugement textuel est celui qui nous est venu par la révélation avec comme exemple l’affirmation que les cinq prières sont obligatoires et la négation de cette obligation pour la prière de Duha. Et si le jugement n’entre dans aucune de ces deux catégories, à savoir ce dont la connaissance nous vient soit par la révélation ou la raison, il s’agira alors d’un jugement empirique. Affirmer que boire de l’alcool rend ivre est un jugement empirique de même que nier que boire de l’eau rassasie.

Les catégories qui lui sont liées sont énumérés…et il s’agit de l’obligation, l’impossibilité et la possibilité

L’obligatoire est ce dont la négation n’est pas acceptable…et ce dont l’affirmation est niée par la raison est l’impossible

Le possible est ce dont l’acceptation des deux proposition est égale...Chacune divisée en nécessaire et spéculatif

Le jugement rationnel quant à lui n’accepte que trois possibilités. Soit, la raison affirme et nie la chose en même temps et cette catégorie est celle du possible. Soit, elle ne peut en accepter que l’affirmation et ceci est la catéogrie de l’obligatoire. Soit, elle ne peut en accepter que la négation et ceci est l’impossible. Ces catégories concernent donc les choses qui peuvent être appréhendées par la raison et chaque catégorie est divisée en « nécessaire » et « spéculatif ».

Par exemple, une connaissance rationnelle obligatoire et nécessaire est le fait que le nombre deux soit plus grand que le nombre un. Cette connaissance n’a point besoin d’un raisonnement logique et s’impose d’elle-même. Quant à une connaissance obligatoire et spéculative, on peut citer en exemple la primordialité d’Allah. En effet, on ne peut ariver à sa connaissance qu’après un effort intellectuel. Un exemple de connaissance rationnelle impossible et nécessaire est le fait que le mouvement et la stabilité ne s’appliquent pas en même temps sur un corps. Et une impossibilité spéculative sera le fait qu’Allah soit un corps. Parmi les choses possibles par spéculation, le fait qu’Allah châtie l’homme pieux et fasse entrer au paradis le mécréant ou le pervers.

Tambih sur l’utilisation du kalam : l’utilisation des preuves rationnelles pour établir les éléments de croyance islamiques a donné naissance à un certains nombre de sciences tournant autour de celle du Tawhid. S’il est vrai que les Salaf n’usaient pas de ces méthodes, réfuter leur utilisation est un manque de discernement évident. En effet, la raison est la seule base commune entre les humains. Par quel autre moyen autre que la raison pourrait-on prouver l’Existence d’Allah à des gens qui ne croient pas à la Révélation ? C’est pour cela d’ailleurs que la science du Tawhid est constituée en grande partie de la réfutation des doctrines non-musulmanes, exclusivement sur la base des preuves rationnelles.

Ensuite, ces preuves rationnelles ont été utilisées par Allah Lui-même dans le coran, après qu’Il ait appelé les gens à raisonner. En effet, Il dit : « S’il y avait deux dieux en eux (les cieux et la terre), ils auraient été détruits » [3] ou encore :  « Allah n’a point pris d’enfant et il n’y a pas d’autre dieu avec Lui ; sinon, chaque dieu partirait avec ce qu’il a créé et ils se combattraient l’un l’autre » [4].

Ces versets sont des illustrations claires de l’utilisation de la raison pour établir l’unicité d’Allah. Les gens du Kalam n’ont fait que reprendre ces deux arguments développés ici. On voit donc que cette science a ses racines dans la Parole d’Allah et en combattre l’utilisation ne ferait que restreindre les possibilités de convaincre de la véracité de cette religion.

Ceci étant, il faut éviter l’éxagération dans cette voie. Certes, cette science est louable pour les savants qui s’y spécialisent. Au contraire, il faut encourager les étudiants à s’y intéresser car l’Islam est confronté à l’athéisme qui se targue d’être rationnelle. Or, la science du Kalam contient en elle assez d’arguments pour réfuter de telles assertions.

Hors de ce public, il faut apprendre le minimum obligatoire de cette science à savoir une ou deux preuves rationnelles (et textuelles) des attributs d’Allah et des prophètes. Aller au-delà peut-être dangereux. En effet, connaître les détails des preuves de cette science est une obligation communautaire (fard kifayah), alors qu’il suffit au musulman, comme obligation personnelle (fard ‘ayn) de connaître cette science en gros.

Si les Salaf ont été véhéments contre cette science, c’était justement à cause de l’éxagération des gens de l’innovation. Ainsi, il s’en est trouvé qui ont déclaré non croyant la personne qui ne connaissait pas l’intégralité des preuves rationnelles. Al Ghazaliy a dit :  « Un groupe a exagéré en déclarant mécréants le commun des musulmans. Ils prétendent que celui qui ne connaît pas les éléments de croyance avec leurs preuves telles qu’ils les ont présentées est mécréant. Ils ont ainsi réservé le paradis à une petite élite des gens du Kalam » [5].

La première chose obligatoire à celui qui atteint le taklif… pouvant réfléchir est de connaître

Allah et ses messagers par leurs attributs… ainsi que ce qui y est lié comme preuves

L’auteur établit ensuite la première chose obligatoire pour celui qui a atteint le taklif, à savoir le mukallaf.

Le mukallaf est celui qui est sujet aux injonctions et interdictions de l’Islam. En d’autres termes, les jugements légaux ne s’appliquent qu’à lui, exclusivement de ceux qui n’ont pas rempli les conditions du taklif.

Tout mukallaf a comme première obligation de connaître Allah par ses attributs et les preuves y menant, au même titre que ses prophètes. Cette connaissance est tout simplement la science sur ce qui est permis, obligatoire et impossible d’attribuer à Allah et ses messagers.

Il existe une divergence sur la question de la première obligation. Un groupe de savants de notre école, parmi eux l’imam al Ash’ariy, est d’avis qu’il s’agit de la réflexion même menant à la connaissance. Pour d’autres, il s’agit de la volonté de réflexion sur le monde qui nous entoure comme le soutient l’imam al Juwayniy. Mais en réalité, toutes ces propositions se rejoingnent car la volonté et la réflexion sont le chemin de la connaissance qui est obligatoire pour chacun.

Sachant la réflexion ainsi que le connaissance d’Allah obligatoires pour chaque mukallaf, peut-on considérer valide la foi de celui qui adhère à la religion sans preuve ? L’adhésion sans preuve (taqlid) implique que le sujet croie sur l’indication d’une personne sans faire un effort de réflexion et de probation. Elle est donc le contraire de la connaissance qui se fait par la preuve et est une adhésion ferme sans doute.

Les savants sont unanimes pour déclarer interdit le taqlid dans la foi.

Ibn Hajib a dit : « La foi est la confirmation de la vérité et il s’agit d’une disposition intérieure suivant une connaissance selon l’avis le plus véridique. Il ne suffit donc pas de suivre quelqu’un sur cette question selon l’avis solide » [6].

Ils ont divergé ensuite sur l’obligation de la réflexion : est-elle obligatoire dans l’absolu ou seulement pour celui qui en a la capacité ? Le second avis est celui qui est retenu et c’est pourquoi le chaykh a dit [pouvant réfléchir]. La personne ne sera désobéissante qu’à condition de délaisser la réflexion s’il en a la capacité.

D’un autre côté, les mu’tazilah ont réfuté la foi de celui qui fait le taqlid, parce que le taqlid est contraire à la connaissance et donc à la fermeté dans la foi. Ce qui est retenu est que le muqallid est bien croyant , à condition de croire avec fermeté. Cette croyance avec fermeté est de sorte que si, par exemple, celui qu’il suit quittait l’Islam, le muqallid resterait ferme dedans par conviction. L’auteur de la Jawharat at Tawhid a dit :

Il a dit [7] : s’il reste ferme par la parole d’un autre, cela suffit… sinon, il ne sort pas de la perdition

Quant au musulman qui a été élevé dans un environnement musulman, à qui on a inculqué les élements de foi depuis l’enfance et a eu des informations sur le prophète ‘alayhis salatu was salam et ses miracles, cela lui suffit comme réflexion et probation et sa foi est établie.

Tambih : Les maîtres soufis ont en plus de cela établi l’obligation d’arriver à la connaissance par l’expérimentation mystique.

Ibn ‘Arabiy a dit en résumé : « Il y a cinq degrés de foi :

  • la foi par taqlid : c’est celui qui apprend les éléments de croyance d’un chaykh et est convaincu sans connaître les preuves
  • la foi par la science : c’est celui qui connaît les éléments de foi par les preuves et devient ainsi parmi les gens de la certitude.

Ces deux catégories de personne sont toutes deux voilées

  • la foi par la vision : c’est la connaissance d’Allah par la surveillance du cœur et son Seigneur n’est pas absent de son esprit ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil. Plutôt sa crainte est présente dans son cœur comme s’il Le voyait et c’est la station de la surveillance permanente et le cœur de la certitude
  • La foi vraie qui est la vision d’Allah par le cœur dans le sens de la parole « le connaissant voit Allah dans chaque chose » et c’est la station de la vision (mushahadah) et la vraie certitude.

Ceux qui sont à ces deux stations ont une démarche inductive du Créateur vers la créature

  • Le foi véritable qui est l’extinction en Allah en dehors de tout autre et l’ivresse dans son Amour. Il ne voit alors que Lui comme celui qui est noyé dans une mer sans en apercevoir les rivages. Dans cette station, il n’y a preuve ni objet de preuve.

Ce qui est obligatoire pour le musulman, ce sont les deux premières catégories. Les autres sont un don qu’Allah fait à qui Il veut.

Le taklif a comme condition la raison…ainsi la puberté par le sang ou la grossesse

Ou par le sperme ou la pilosité… ou encore par l’atteinte de dix-huit années

Après avoir indiqué ce qui était obligatoire au mukallaf par rapport à sa croyance, le chaykh donne les conditions qui rendent responsable la personne.

Le taklif a comme définition terminologique l’imposition d’une charge ou demander quelque chose qui comporte une charge. Cela revient à dire que le taklif est le fait que la personne soit destinataire des règles de la l’Islam, à savoir l’obligation, l’interdiction, la détestation, la recommandation et la permission.

De fait, le taklif ne concerne que les hommes et les jinns, à l’exclusion des anges et des animaux. Ce qui est décisif dans le taklif, c’est la possibilité de choisir entre l’obéissance et la désobéissance, ce qui n’est pas un attribut des anges et des animaux.

Les conditions du taklif sont au nombre de trois, alors que le chaykh n’en a cité que deux :

  • la raison : une des conditions pour être destinataire des lois d’Allah est bien sûr de pouvoir les appréhender par la raison. De sorte, ceux qui sont dénués de raison à l’exemple des fous, ne sont pas responsables de leurs actions et ne sont pas destinataires de lois de l’Islam. En effet, la raison n’est rien d’autre que la capacité à recevoir la science ou, selon certains, la capacité de distinguer le bien du mal.
  • La puberté : exclusivement pour les humains car les jinns sont mukallaf dès leur naissance. Cela implique donc que l’impubère n’est pas responsable de ses actes et ceux-ci ne lui sont pas comptabilisés. S’il meurt avant la puberté, sa destination sera le paradis, même s’il n’était pas musulman ou qu’il a apostasié. Le prophète ‘alayhis salatu was salam a dit :

« la plume est levée pour trois personnes :le fou jusqu’à ce qu’il guérisse ; l’endormi jusqu’à ce qu’il se réveille ; l’enfant jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de raison » [8].

La puberté a ses signes comme le rappelle l’auteur. Il s’agit d’abord, pour la femme, de l’apparition de ses menstrues. Un autre signe est l’apparition d’une grossesse si le signe précédent ne s’est jamais manifesté.

Le reste des signes est partagé par les deux sexes. Un signe évident de la puberté est l’éjaculation, comme le vise le chaykh par sa parole  [ par le sperme]. Il s’agit de l’éjaculation de sperme par l’homme ou la femme qui marque ainsi sa maturité sexuelle. Les caractères sexuels secondaires sont aussi des signes de puberté. Le chaykh a cité la [pilosité], à savoir la pilosité des aisselles, du pubis, la moustache, la barbe.

Si aucun de ces signes n’apparait, on considère ue l’individu devient mukallaf à l’atteinte de dix-huit ans.

  • l’atteinte de l’appel du prophètealayhis salatu was salam, qui est une condition que le chaykh n’a pas citée. Selon l’avis des gens de la sunnah, elle est une condition de taklif, de sorte que celui qui n’a pas été informé du message de l’Islam ne peut être mukallaf. Les mu’tazilah par contre n’en font pas une condition, prétendant que par la raison uniquement, l’homme doit forcément arriver à la connaissance d’Allah. Or, il est avéré que la connaissance d’Allah et de ses prophètes, du bien et du mal, ne peut passer que par la révélation comme le soutiennent les ash’aris. Allah dit : « Nous ne châtions qu’après avoir envoyé un messager » [9]. Il dit aussi : « Ton Seigneur ne détruit une ville qu’après avoir envoyé en son sein un messager qui leur récite nos versets. Nous ne détruisons une ville que si ses gens sont injustes » [10], c’est-à-dire mécréants.

Donc, la mécréance ne peut être avérée qu’après avoir reçu le message de l’Islam. De sorte, ces gens qu’on appelle ceux de la fitrah (nature première) sont aussi destinés au paradis selon l’avis des ash’aris. Celui qui n’a pas reçu le message de l’Islam est donc sauvé, même s’il adore des idoles, professe l’atéhisme ou quelqe chose de similaire. Cette position est différente de celle des compagnons de l’imam Abul Mansur al Maturidiy qui estiment que celui qui n’a pas reçu le message de l’Islam sera jugé sur la conception du bien et du mal dans son environnement. En effet, ils estiment que cette connaissance est liée à la raison et est une obligation d’Allah pour chaque personne, même si elle n’a pas reçu la révélation.

Le sens de l’atteinte de l’appel du prophète ‘alayhis salatu was salam est tout simplement de recevoir la nouvelle de l’arrivée d’un prophète arabe s’appelant Muhammad, qui vient de la part d’Allah et confirme les messagers précédents. En d’autres mots, si la personne comprend l’expression de la shahadah « point de dieu qu’Allah, Muhammad est son messager », elle devient responsable.

Cela implique aussi que le taklif ne se limite pas aux musulmans seulement, mais à tous ceux qui remplissent les conditions citées. Quiconque est pubère, raisonnable et a entendu parler du prophète ‘alayhis salatu was salam est destinataire des règles de l’Islam. S’il ne répond pas à cet appel, il sera châtié pour ses manquements aux ordres d’Allah dans l’au-delà selon l’avis des malikites, contrairement aux hanafites qui estiment qu’ils ne sera châtié que pour sa mécréance.

D’un autre côté, ces sont conditions cumulatives. Celui qui ne remplit pas une seule de ces conditions aura comme destination le paradis.

Tambih sur les arabes de la Jahiliyyah : les arabes avant l’Islam sont aussi des gens de la Fitrah et sont au paradis. En effet, aucune révélation ne leur était destinée comme il est dit dans le coran : « Pour que tu avertisses un peuple dont les ancêtres n’ont pas été avertis » [11].

Cela implique donc que ces arabes n’ont pas reçu un message qui les aurait obligés à professer l’unicité d’Allah, même s’il restait des traces de cette unicité chez certains. Ensuite, le message de sayyiduna ‘Isa ‘alayhis salam, à savoir le christianisme, ne les concernait pas, contraiement à l’assertion de an Nawawiy. En effet, l’Injil était une révélation destinée exclusivement aux juifs et non aux autres peuples.

De sorte, les ancêtres du prophète ‘alayhis salatu was salam sont eux aussi des gens de la Fitrah et du paradis, à plus forte raison son père et sa mère, qu’Allah les agrée. Et ne sera pas pris en compte l’avis de celui qui s’est isolé, a dépassé les limites de la pudeur et les a condamnés au feu. Il a été dit :

Je suis convaincu que le père du prophète ainsi que sa mère…ont été ressuscités par le Seigneur Généreux et Créateur [12]

Et ils ont témoigné de la véracité de son message…de vérité et voici un prodige d’al Mukhtar

Voici le hadith et celui qui le prétend faible… est lui-même faible et dénué de vérité (haqiqah)

Tambih : sur les pseudo-soufis de notre époque qui se sont abreuvés des écrits des bouddhistes et autres mécréants et se sont détournés de la sunnah. Ils prétendent que toutes les religions sont valides et plus particulièrement celle des juifs et des chrétiens, que ceux là ne sont pas mécréants et iront au paradis, même s’ils renient l’Islam. Et qu’il n’y a point besoin de suivre sayyiduna Muhammad ‘alayhis salatu was salam pour être sauvé, accéder à la connaissance d’Allah et entrer au paradis

La réponse à eux adressée est : si vous êtes convaincus de cette assertion, devenez juifs ou chrétiens et nous verrons qui aura le dernier mot ! Si les juifs et chrétiens sont des croyants, les musulmans sont-ils donc les mécréants ? Si leur religion est valide, l’Islam ne peut donc être valide car deux choses contradictoires ne peuvent être vraies en même temps. Si les juifs et chrétiens habitent le paradis, l’enfer a été préparé pour les musulmans alors ?

En réalité, cette croyance est très grave car elle contredit le coran clair, la sunnah et le consensus des musulmans. La foi a été établie clairement par Allah et il s’agit de la croyance en Lui, en ses messagers, aux anges, à ses livres, au jour dernier et au destin. Allah dit : « Le messager a cru en ce qui lui a été révélé de son Seigneur, ainsi que les croyants. Tous croient en Allah, en ses anges, en ses livres et ses messagers. Nous n’excluons aucun d’entre eux » [13]. Il dit : « O les croyants, croyez en Allah, en ses messagers, au livre qu’Il a envoyé à son messager ainsi qu’au livre envoyé avant. Quiconque mécroit en Allah, en ses anges, en ses messagers, en ses livres et au jour dernier s’est certes égaré d’un égarement lointain » [14].

Dans le célèbre hadith de Jibril : « La foi est que tu croies en Allah, en ses anges, en ses messagers, en ses livres, au jour dernier ainsi qu’au destin, favorable ou défavorable » [15].

Or, ni les juifs, ni les chrétiens n’entrent dans cette catégorie de la foi.

Les juifs sont des mécréants du fait qu’ils ont nié la prophétie de sayyiduna ‘Isa, ‘alayhis salam ainsi que l’Injil, en plus d’avoir nié l’Islam. Ensuite, ils ne croient ni à la résurrection, ni au jugement.

Allah dit à leur propos : « O les croyants, soyez des auxiliaires d’Allah comme a dit ‘Isa aux apôtres « Qui sont mes auxiliaires vers Allah ? » Les apôtres dirent « nous sommes les secoureurs d’Allah ». Une partie des Banu Isra’il crut alors qu’une autre partie mécrut » [16].

Quant aux chrétiens, ils ont mécru en Allah en lui attribuant la trinité, en l’assimilant à sayyiduna ‘Isa ou en faisant son fils, en plus de leur méréance en l’islam. Allah dit : « Ont mécru ceux qui ont dit « Allah est le Messie fils de Maryam » [17]. Il dit : « Ont mécru ceux qui ont dit « Allah est troisième de trois » [18].

La mécréance des non-musulmans en général est clairement établie par le fait de nier la révélation de l’Islam et la venue du prophète ‘alayhis salatu was salam. Il suffit en effet de mécréance de mécroire à sayyiduna Muhammad dont le nom est inscrit sur la porte du paradis. Il est encore une autre cause de mécréance le fait de nier la Parole d’Allah qui est le coran. Après cela, comment peut-il rester une once de foi dans le cœur ? Allah dit parlant des juifs : « Quand il leur est venu un livre d’Allah confirmant ce qui était avec eux alors qu’avant ils cherchaient la victoire par son biais contre mécréants. Quand (le livre) leur vint, ils mécrurent en lui. Que la malédiction d’Allah soit sur les mécréants ! » [19]. Il dit : « Et quand on leur dit « croyez en ce qu’a envoyé Allah » ils disent « On croit en ce qui nous a été envoyé » et ils mécroient en ce qui est venu après » [20].

Il dit, montrant clairement que les juifs et chrétiens sont des associateurs et donc des mécréants, contrairement à sayyiduna Ibrahim : « Ils disent « soyez juifs ou chrétiens, vous serez bien-guidés ». Dis :« plutôt, la religion d’Ibrahim, en exclusivité. Lui n’était pas parmi les associateurs » [21].

Il dit aussi : « O les gens du livre, pourquoi mécroyez-vous aux versets d’Allah alors que vous êtes témoins ? » [22].

Il dit : « Quiconque désire une autre religion que l’Islam, cela ne lui sera pas accepté et il sera parmi les perdants au jour dernier. Comment Allah guiderait-Il un peuple qui a mécru après avoir cru et atteste que le messager est de vérité et que les preuves leur sont venues ? » [23].

Allah établit aussi la mécréance de ceux qui croient en certains prophètes et nient les autres : « Ceux qui mécroient en Allah ainsi que ses messagers et veulent distinguer enter Allah et ses messagers en disant « nous croyons en certains et mécroyons en certains » et veulent prendre un chemin intermédiaire… voilà certes les vrais mécréants » [24].

Il déclare aussi la mécréance de quiconque mécroit au coran et en son dernier messager :

« Ceux qui ont mécru et ont démenti nos versets, voici les gens de l’enfer » [25]. « Ceux qui ne croient pas en Allah et son messager…nous avons préparé le feu pour les mécréants » [26].

Les versets à ce propos abondent et cette évocation succinte convaincra l’aveugle. Quiconque veut explorer la question n’aura qu’à lire les versets de ce rappel sage.

Quant à la sunna, elle est tout aussi claire : « Par celui dont l’âme de Muhammad est entre sa Main, il n’y a personne qui entende parler de moi dans cette communauté, qu’il soit juif ou chrétien, et meure sans croire à ce qui avec quoi j’ai été envoyé sans être parmi les gens du feu » [27].

An Nawawiy a dit, en commentant ce hadith : « sa parole [ Il n’y a personne qui entende parler de moi dans cette communauté] c’est-à-dire de ceux qui sont vivants à mon époque ainsi qu’après moi jusqu’au jour de résurrection [28]. Il leur est obligatoire à tous d’entrer dans son obéissance et il a mentionné les juifs et les chrétiens comme avertissement pour les autres qui n’en sont pas. En effet, les juifs et chrétiens ont un livre. Si telle est leur destination malgré qu’ils ont un livre, ceux qui n’ont pas de livres sont dans une situation pire » [29].

Que ceux-là qui se réclament soufis suivent les pas de leurs prédécesseurs dans cette voie car aucun d’entre eux n’a suivi l’hérésie qu’est le pérennialisme.

Al Ghazaliy a dit : « La mécréance est de renier le messager d’Allah ‘alayhis salatu was salam ou une chose avec laquelle il est venu. La foi est de croire en tout ce avec quoi il est venu. Les juifs et les chrétiens sont des mécréants du fait de leur négation du messager d’Allah ‘alayhis salatu was salam » [30].

Il faut surtout savoir que celui qui porte une telle croyance, celle de la validité d’une autre religion que l’Islam ou que l’on puisse avoir la foi hors de l’Islam ou accéder au paradis en reniant le prophète ‘alayhis salatu was salam a apostasié de sa religion et est devenu lui-même mécréant. En effet, cette question fait partie des connaissances obligatoires de la religion que la personne n’est pas excusée d’ignorer. D’ailleurs, pour avoir une foi valide, le musulman doit professer avec certitude sa foi en Allah et n’éprouver aucun doute sur l’abrogation des autres religions, fussent-elles révélées.

L’imam as Sawiy a dit : « Quant à celui qui doute, s’illusionne ou hésite, il est mécréant par consensus (ijma’), à l’image de celui qui dit : « les musulmans ont une religion. Les chrétiens ont une religion. Seul Allah sait qui d’entre eux est sur la vérité » [31].

Le Qadiy ‘Iyad ibn Musa a dit :« il y a ijma’ sur la mécréance de celui qui ne proclame pas la mécréance des juifs et des chrétiens ou de tout non-musulman ou bien ne se prononce pas sur leur mécréance ou même en doute. Le Qadiy Abu Bakr (Ibn Tayyib al Baqillaniy) a dit :« tout simplement parce les textes et l’ijma’ s’accordent sur leur mécréance. Quiconque ne se prononce pas sur cela aura démenti les textes clairs ou bien en aura douté. Douter ou démentir les textes ne peut se produire que pour un mécréant » [32].

Il dit aussi : « A mécru celui qui ne déclare pas la mécréance de celui qui adhère à autre que l’Islam ou ne se prononce pas dessus ou même doute ou déclare leur voie authentique et même s’il professe l’Islam en apparence » [33].

An Nawawiy a dit : « A mécru celui qui ne déclare pas la mécréance de celui qui adhère à autre que l’Islam, comme les chrétiens, ou ne se prononce pas dessus ou même doute ou déclare leur voie authentique et même s’il professe l’Islam en apparence et y croit » [34].

A suivre…


[1] Nous reviendrons infra sur le sens de ce mot

[2] Mukhtasar al Akhdariy

[3] Sourate al ambiya, v 22

.لَوْ كَانَ فِيهِمَا آلِهَةٌ إِلَّا اللَّهُ لَفَسَدَتَا

[4] Sourate al mu’minun, v 91

مَا اتَّخَذَ اللَّهُ مِن وَلَدٍ وَمَا كَانَ مَعَهُ مِنْ إِلَهٍ إِذاً لَّذَهَبَ كُلُّ إِلَهٍ بِمَا خَلَقَ وَلَعَلَا بَعْضُهُمْ عَلَى بَعْضٍ

[5] Sharh as Sawiy ‘ala jawharah at tawhid

[6] ‘Aqidah Ibn Hajib

[7] Le pronom renvoie au Chaykh Taj ad Din as Subkiy qui avance que la divergence sur cette question n’est que terminologique

[8] Rapporté par Abu Dawud as Sijistaniy :

عن ابن عباس قال أتي عمر بمجنونة قد زنت فاستشار فيها أناسا فأمر بها عمر أن ترجم مر بها على علي بن أبي طالب رضوان الله عليه فقال ما شأن هذه قالوا مجنونة بني فلان زنت فأمر بها عمر أن ترجم قال فقال ارجعوا بها ثم أتاه فقال يا أمير المؤمنين أما علمت أن القلم قد رفع عن ثلاثة عن المجنون حتى يبرأ وعن النائم حتى يستيقظ وعن الصبي حتى يعقل قال بلى قال فما بال هذه ترجم قال لا شيء قال فأرسلها قال فأرسلها قال فجعل يكبر

[9] Sourate al isra, v 15

وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولاً

[10] Sourate al Qasas, v 59

وَمَا كَانَ رَبُّكَ مُهْلِكَ الْقُرَى حَتَّى يَبْعَثَ فِي أُمِّهَا رَسُولاً يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِنَا وَمَا كُنَّا مُهْلِكِي الْقُرَى إِلَّا وَأَهْلُهَا ظَالِمُونَ

[11] Sourate Ya Sin, v 6

.لِتُنذِرَ قَوْماً مَّا أُنذِرَ آبَاؤُهُمْ

[12] Il s’agit d’un hadith rapporté par al Khatib et qui a été jugé comme fabriqué ou d’une extrême faiblesse par les savants.

[13] Sourate al baqarah, v 285

آمَنَ الرَّسُولُ بِمَا أُنزِلَ إِلَيْهِ مِن رَّبِّهِ وَالْمُؤْمِنُونَ كُلٌّ آمَنَ بِاللّهِ وَمَلآئِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ لاَ نُفَرِّقُ بَيْنَ أَحَدٍ مِّن رُّسُلِهِ

[14] Sourate an nisa, v 136

.يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ آمِنُواْ بِاللّهِ وَرَسُولِهِ وَالْكِتَابِ الَّذِي نَزَّلَ عَلَى رَسُولِهِ وَالْكِتَابِ الَّذِيَ أَنزَلَ مِن قَبْلُ وَمَن يَكْفُرْ بِاللّهِ وَمَلاَئِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَقَدْ ضَلَّ ضَلاَلاً بَعِيداً

[15] Rapporté par Muslim et Bayhaqiy

[16] Sourate as saff, v 14

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا كُونوا أَنصَارَ اللَّهِ كَمَا قَالَ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ لِلْحَوَارِيِّينَ مَنْ أَنصَارِي إِلَى اللَّهِ قَالَ الْحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنصَارُ اللَّهِ فَآَمَنَت طَّائِفَةٌ مِّن بَنِي إِسْرَائِيلَ وَكَفَرَت طَّائِفَةٌ

[17] Sourate al ma’idah, v 17

لَّقَدْ كَفَرَ الَّذِينَ قَآلُواْ إِنَّ اللّهَ هُوَ الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَ

[18] Sourate al ma’dah, v 73

لَّقَدْ كَفَرَ الَّذِينَ قَالُواْ إِنَّ اللّهَ ثَالِثُ ثَلاَثَةٍ

[19] Sourate baqarah, v 89

وَلَمَّا جَاءهُمْ كِتَابٌ مِّنْ عِندِ اللّهِ مُصَدِّقٌ لِّمَا مَعَهُمْ وَكَانُواْ مِن قَبْلُ يَسْتَفْتِحُونَ عَلَى الَّذِينَ كَفَرُواْ فَلَمَّا جَاءهُم مَّا عَرَفُواْ كَفَرُواْ بِهِ فَلَعْنَةُ اللَّه عَلَى الْكَافِرِينَ

[20] Sourate al baqarah, v 89

.وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ آمِنُواْ بِمَا أَنزَلَ اللّهُ قَالُواْ نُؤْمِنُ بِمَا أُنزِلَ عَلَيْنَا وَيَكْفُرونَ بِمَا وَرَاءهُ

[21] Sourate al baqarah, v 135

وَقَالُواْ كُونُواْ هُوداً أَوْ نَصَارَى تَهْتَدُواْ قُلْ بَلْ مِلَّةَ إِبْرَاهِيمَ حَنِيفاً وَمَا كَانَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ

[22] Sourate Ali ‘Imran, v 70

يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ

[23] Sourate Ali ‘Imran, v 85-86

وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ

كَيْفَ يَهْدِي اللّهُ قَوْماً كَفَرُواْ بَعْدَ إِيمَانِهِمْ وَشَهِدُواْ أَنَّ الرَّسُولَ حَقٌّ وَجَاءهُمُ الْبَيِّنَاتُ وَاللّهُ لاَ يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ

[24] Sourate an nisa’, v 150-151

إِنَّ الَّذِينَ يَكْفُرُونَ بِاللّهِ وَرُسُلِهِ وَيُرِيدُونَ أَن يُفَرِّقُواْ بَيْنَ اللّهِ وَرُسُلِهِ وَيقُولُونَ نُؤْمِنُ بِبَعْضٍ وَنَكْفُرُ بِبَعْضٍ وَيُرِيدُونَ أَن يَتَّخِذُواْ بَيْنَ ذَلِكَ سَبِيلاً

أُوْلَـئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ حَقّاً

[25] Sourate al ma’idah, v 86

وَالَّذِينَ كَفَرُواْ وَكَذَّبُواْ بِآيَاتِنَا أُوْلَـئِكَ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ

[26] Sourate al fath, v 13

وَمَن لَّمْ يُؤْمِن بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيراً

[27] Rapporté par Muslim :

عن أبي هريرة رضي الله عنه عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أنه قال والذي نفس محمد بيده لا يسمع بي أحد من هذه الأمة يهودي ولا نصراني ثم يموت ولم يؤمن بالذي أرسلت به إلا كان من أصحاب النار

[28] Comme il est connu, la Ummah du prophète ‘alayhis salatu was salam est toute l’humanité jusqu’au jour du jugement

[29] Al minhaj fi shrah Muslim ibn Hajjaj

[30] Faysal at tafriqah baynal islam wal zandaqah

[31] Sharh as Sawiy ‘ala jawharah at tawhid

[32] Ash Shifa’ bi ta’rif huquq al mustafa

[33] Idem

[34] Rawdah at talibin

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